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< huck | 21st Century's Dark Huckleberry Finn
Monday 29 December 2008, a 21:20
L'an pire du mal -Fin du premier chapitre

Cinq queues pour sauver une chatte. Imagine, tu rentres chez toi et tu te retrouves à la même table que cette déboitée du cul devant ta mère ? Et tu me demandes de faire le laïc?

Une meuf s'est fait défigurée. Tu t'rappelles ? Un collectif de femelles se forment. Quinze jours après on les invite à sucer des flûtes dans leurs galas.

Et la défigurée qu'est-ce-qu'elle devient ? Rien. Ça s'trouve elle est dead depuis six mois sa mère !

Mais j'pense pas. Si c'était le cas, le collectif aurait défilé et elles auraient sucé toutes les caves de Paris.

J'ai souvent vu plus d'humanité dans les yeux d'une pute que dans la majorité des meufs qui se croient dares, propres sur elles, et tout le bordel. Elles passent leur temps à jacter, à se faire des feuilletons sur des filles qui ont fait des trucs qu'elles n'oseront jamais faire, et dès que l'occasion se présente, les incendient en leur absence ; histoire de gratter un peu de ce frisson que leur chatte ne connaîtra jamais.

Tu vas me dire, « Si c'est ça, laisse ta soeur devenir une pute ». Et moi j'te dirai « baise ta mère, y a pas de logique ici  ».

Aujourd'hui pour se serrer une meuf c'est pire que tigre. Tu dois avoir une équipe avec un réseau sa mère !

Au début, c'était avec internet. C'était tout nouveau, les gens y disaient : « Ouais mec, je me suis connecté depuis deux semaines. J'ai négocié la meuf pendant tout ce temps, et hier je lui ai craqué la chneukse ».

Tout le monde baisait tout le monde. On était comme des hippies : on pensait qu'aux meufs, on était tout le temps sur répondeur, et on essuyait nos baskets avant de sortir. Comme des tox',on claquait la tune qu'on amassait péniblement en faisant comme si c'était un truc chelou qu'on avait de naissance genre handicap.

Quand les gens ont commencé à s'habituer et les mal baisées ont innondé les forums de chat, c'est devenu tigre. Parfois t'avais trois meufs, pour quarante-quatre mecs. Des « j'suis là pour discuter » te racontent leur vie et leur problèmes avec leurs ex et les mecs se sont transformés en « oui, oui bonne nuit » psychiquempent dépendant aux sites de culs.

Quand je vois ça, je me dis « Merde, les meufs sont plus nombreuses dans ce bled et elles arrivent à te faire croire le contraire ». Si après ça y a toujours des connards pour me dire que les meufs sont comme les mecs... C'est qu'il fréquente trop Madame Cinq.

Quand un mec attrape une biatch, il fait tourner son numéro. Ensuite chacun prend sa part : elle baise tel pote pendant quelques semaines, puis le mec se demmerde pour qu'elle rencontre un autre du réseau (genre une sortie à trois au ciné), puis il la drague par sms le soir quand ils se séparent en lui faisant comprendre que le premier n'est pas au courant.

La pute se sent désirée, elle baisse les yeux et baise les deux en croyant baiser le premier ! En fait, tout le monde baise tout le monde dans l'histoire !


Maintenant que l'on sortait du quartier, on se trouvait sur ce tapis bitume désert que la BM dévorait nerveusement. Je ne pouvais m'empêcher de penser à cette couleur orangeâtre qui caractérisait Las Vegas. Ces éclaboussures étaient nos briques rouges. Ces briques qui maintiennent ces vieux immeubles du Bronx, comme s'ils étaient construits en une seule et même nuit. Cette chaleur esthétisante prédisposait ces rues à acceuillir la crasse, la misère et le désespoir le plus complaisant.

Comme dans le New York des années soixante-dix, où des Noirs marchaient la cigarette au coin des lèvres la chemise à moitié rentrée dans le panthalon, une main dans la poche gauche et Motown entre les oreilles.

Cette nuit est pleine de lâches promesses, autant de cautions pour notre orgueil affamé qui s'est trop longtemps contenté de clips, et de films qui se finissent mal. Prêt à casser ce qu'il me manque - quitte à ne plus devenir le même - j'asseoie ce soir ma nouvelle identité en attendant d'avoir des scrupules.

La buée gagne le pare-brise maintenant. Je regarde la fenêtre pendant que la translation se poursuit.

« Tiens mec, teste celui-là... »

Je prend le joint et j'inspire profondément. Les cendres se forment depuis cet enfer écarlate. La mort au bout du bec poilu d'Alhassane fait maintenant signe à mes narines et une odeur de plastique pourri envahit l'habitacle.

Le sommeil me gagne.




 vitesse-G-3                          

                           Fin du Premier Chapitre




Friday 25 July 2008, a 16:59
L'an pire du mal - Le Banquet

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I' continue de m'regarder. Comme un char-clo, le stresse a creusé ses tempes et fait proliférer ces couilles sous ses yeux. Ce sourire en biais, la complaisance trop manifeste. Une petite cicatrice à l'arcade sourcilière gauche, le blanc des yeux jaunis aux coins par l'âge. La détermination du gue-din dans les yeux. Ils ont été l'otage d'un corps en furie, qui a soulevé des trucs sales, atroces, brutales, brulantes, et précipitées. Accrochés à ce corps déglingué, une vieille 504 dépecée par des tanj' et posée là sur un parking comme un crachat frais sur un trottoir.

Jean ni délavé, ni large. A l'ancienne. Il porte le haut d'un survet' vert froissé et noircit au col. L'aligattor.

« - Tranquille ou quoi?

- Normal.

- Ta daronne elle taffe toujours à La Défense ?

- Ouais. C'est la merde pour elle.

- Qu'est ce tu fais ici ?! » Debout , la béquille entre mes yeuz, elle va éjaculer des balles.

Les ke-més autours rigolent comme pour saluer le De Niro qui le possède. Parfait il aime trop faire le mec dare. Il s'demmerde pour qu'sa voix claque au bon moment. Le “Qu'est ce” d'une crapulax, panthalon ras les couilles, qui te bouscule et qui te disrespect : “ D'où tu me regardes ?”. Rouillée par l'alcool et les soirées fatiguées et froides d'embrouilles, de zyeutage dans ces halls sombres, ces couloirs aigris, abattus, parfois électrocuté par un rail d'enthousiasme stérile quand une note ou une rime nous faisait croire ce qu'on aurait voulu être. Elle était dare ! Sa mère. Il s'en sert comme d'un surin. Il discute avec oit, i' t'montre chaque face de sa lame, gauche, droite, comme s'il la frottait contre un quetru pour l'aiguiser, et puis sans prévenir, tchac ! C'fils de pute te plante son silex dans le torax.

Il s'asseoit maintenant pour réaclimater son cul.

Vanner. Vanner pour passer le temps, on se passe le relais comme de la sess. Les alliances d'une vanne se font pour se briser l'instant d'après sans pitié. C'est comme ça qu'on parle de Ben Laden pour dériver jusqu'au cul de Maréva Gallanter.

Sans prévenir, direct, un ke-mé au fond se baisse et s'vesqui derrière la porte. Parfait s'retourne et monte les marches à quatre pattes, i' s'vesqui comme un Yougo derrière le mur à coté de la porte d'entrée. Ca bouge brutalement sa mère.

Les mecs de la BM ont coupé le son. J'mate. Une 306 grise métallisée rentre dans le parking.

Une Mondeo, une Laguna, ou une 306 avec quatre mecs à l'intérieurs, blancs et de la meme tranche d'âge ca veut dire : BAC.

La voiture roule normale, ralentie devant l'entrée. Tout le monde reste en chien : je pose mon dos et tape un interrupteur. Et là, tout le monde se retourne pour voir qui avait allumé la lumière.

J'm'écarte légèrement du mur. J'entend seulement le bruit du moteur... Ils veulent voir si quelqu'un va sortir du hall. Combien de temps il faut pour que cette putain de lumière s'éteigne...

Le gros du groupe était à l'étage au dessus, assis tranquillement sur les marches attendant notre signe pour redescendre. Abdallah se cachait derrière les escaliers de l'entrée : il y avait un espace où on se faisait sucer quand on était gosse.

On attend qu'ils passent. Les “blips” des talky walky. Ils vont décoller. Ils repartent tout doucement pour finalement sortir du parking et puis je lache : « Abdallah tu pues le sperme ! ». Les mecs redescendent les marches en reprennent le relais. Parfait retrouve son sourire en biais et se rasseoit sur son trone. « Vas-y fais péter la 8-6, ramène un briquet chez oim... ».

Je montais les escaliers pendant que les kho sortent, les mains dans les poches, leurs têtes baissées comme des repentis ou des convertis. Je saisis la poignée et la porte se laisse pousser. Il verrouille jamais. Il y a rien à charat de toute façon.

J'entre. Je vois un couloir sombre, et j'avance en tenant les murs. Je passe despi à la cuisine. Le frigo est presque vide : un soda ouvert et une boite de sardine déjà entamée. Rien à graille. C'était le bordel, ça puait. Un pièce moite et inanimé. La crasse de la poignée de figo me colle aux oides. Je mate larmoire pour attraper un briquet.

J'en trouve un près d'une pile de vaisselles dégueulasses. Avant de sortir, je fais un tour aux chiottes : truc de ouf... Il avait des toilettes de nazis. Tout était rangé manu militari et ça brillait et rien ne dépasse... C'était presque un plaisir de chier dans la cuvette en matant la flamme du briquet !

En redescendant je m'disais qu'maintenant qu'ils sont partis, on est tranquille pour au moins deux heures, le temps qu'il faut pour que des feuilles séchées puissent pousser paisiblement entre nos mains mordues par l'hiver : le banquet, sa mère ! L'un d'entre eux dit :

« Ouais j'te disais qu'il engrange pendant qu'on se sert les fesses dans le froid »

Parfait laisse descendre la morve suspendue à un epais filet de bave élastique, une extension dégueulasse de sa langue en regardant le sol. « On a merdé ».

« Comment ça ? », le mec dit ça avec une voix de victime.

« On a faux sur toute la ligne...”

De quoi ?”

Combien t'as d'voitures cramées chaque années ? 40 ? 50 ? », en claquant son briquet.

« Combien ? »

« J'sais pas... 3000 t'être... »

« Et ils l'ont fait pour quoi au juste ? »

« Ben fallait que ça sorte.. »

« Nique sa mère la France de toute façon  ! »

Quand on déteste quelqu'un ou quelque chose, tu procèdes comme un business man... Tu verrouilles ce qui doit être verrouillé et ouvrir quand c'est nécessaire. Toi tu verrouilles tout... Tu fais comme ces biatchs dans les clips qui chialent parce qu'elles ont surpris leur mec avec une gamine... T'aimes la France comme une femelle trompée...»

« On s'en bat les couilles de où est ce qu'on t'enterrera... J'te parle bien d'l'endroit où tu vas passer les 90% de ce qui t'reste à vivre... Tu sais c'que f'rait un mec qui la déteste vraiment ? Il gère le truc comme un salopard... »

Quand Parfait commençait à parler comme aç, il n'est plus Parfait, il devient Prophète. Abdallah perche son cul sur la BM et pose ses pieds sur le pneu, comme pour se mettre à l'écart des émanations de ces coyotes d'infortunes relativement légales.

« Un vrai salopard au sang froid, c'est ce que j'aurai dû être... C'est c'qu'on aurait tous dû être ici.

Un mec qui s'occupe d'sa famille et qui baise l'Etat en silence. Qui s'sert du système, qui fait semblant d'être dans le délire pour mieux l'enculer derrière.

C'est ça mec quand t'es business man. T'sais combien coûte chaque année un élève en primaire pour l'Etat ? »

Trois mecs pètent avec leur bouche, et Prophète :

« T'sais pas ? Moi j'vais te le dire : cinq mille euros... Un truc de ouf hein ?.

T'es au collège tu coûtes combien ? Tu sais pas ? Huit mille euros... Par collégien, par an... T'es beau gosse à l'école tu te retrouves au lycée, bim ! Dix mille euros ! T'as ton bac ? Bsahtek ! Sept mille ! T'es à la fac, dix mille ! Attention, c'est par année hein les gens ! »

Et là, son sourire en biais refait surface, son regard de ouf est plus déterminé que jamais.

Les mecs se frottaient les mains, et sortent leur portable : «  T'as dit combien en primaire ?»...

« T'fatigue ap, j'ai calculé pour vous : dans le meilleur des cas si tu r'tapes jamais tu mets une facture de cent trente mille euros dans le cul du président... Sans parler des alloc', des bourses qu'tu peux gratter... Ta clio qui flambe dans le 20h c'est de la branlette... Imagine, chaque bouffeur de mafé , de couscous , de ce que tu veux, et qui ressemble pas à de la ratatouille taffent à l'école. Tu multiplies avec les cent trente mille, et là ... »

Ouais mais ce gent-ar on le voit pas... C'est pas c'qui va remplir le réservoir... ”

Ecoute, j'ai pas finis. Moi j't'explique une stratégie, j'te parle pas de la solution finale. Imagine ensuite que tous ces gens i' s'barrent du bled, ... Tu vois ce que j'veux dire ?

« Vite aif... »

« L'Etat, il a claqué presque un million pour te former et tu te casses.”

«  En gros c'est comme si tu rackettais la France pour qu'elle te donne un million d'euros pour les filer à l'étranger... »

Devant cette stratégie mentale, il nous a fracassé la gueule contre le trottoir. Le “finnish him” : 

« Vérifie google... T'sais maintenant ils bloquent les gens pour pas faire d'études? Parce qu'ils s'ront plus assez cons pour voter pour eux. Tu vois c'que je veux dire ? Si tu fais des études, tu dépends plus de personne. Tu décolles, ils l'ont dans le cul. T'as y c'que je veux dire ? Des connard comme toi et moi, i' zons darement besoin pour dormir dans leurs postes. J'suis sûr que des suceurs de bittes pass'ront dans les cités et taxeront aux gens à “quoi ça vous sert le bac ?”... Après t'entendras les journalistes à la télé “Les gens ils savent ap, ils s'en battent les couilles du bac ! »

Pendant qu'il tire une latte et garde le gaz dans sa bouche pour ensuite lacher une merde blanche compacte, j'pensais qu'il allait retourner sa veste et prêcher pour une équipe politique. En scred, ce cramé parle comme... une claque.

Une épidémie de lèpre avait ravagé nos livret A ! Toutes ces familles encastrées dans leur HLM, condamnées à entretenir le cholestérole des proprios sans pouvoir espérer une seule seconde devenir propriétaires de leurs trous... La plupart, au départ, avaient les moyens de devenir proprio : ils se sont planqués dans leur HLM en espérant faire des économies et pourquoi pas se payer un pav' avec un jardin deuspi. Mais t'en as ils étaient plus motivés à faire les beaux dans leur bled, en s'achetant une bête de villa pour y poser leur cul deux mois sur douze. Le restant de l'année i' vivent comme des rats, à faire la queue dans la superette la moins chère sa mère, à recompter les centimes à deux pas de la caissière, à taper dans le couscous des pauvres le vendredi à la mosquée, à se lever tôt le jour des soldes, à charger le J5 ou le Traffic – ca dépendait de l'usine dans où bossait le daron - de conneries pour les revendre au bled. Fayssal esquivait toujours les préparatifs, “c'est plus casse-couilles que le trajet”. Faire rentrer un tapis sur la banquette arrière, blinder le toit, blinder le chariot accroché au cul de la R25.

Tous ces paquetages c'était pour compenser les dépenses des vacances voir pour les plus tordus ou les plus souples à se faire un petit bénéf'. Mais je pense qu'il fallait vraiment être malin : avoir une caisse suffisamment dare pour la blinder mais pas trop pour pas se faire avoir avec le coco, et prévoir un petit quelque chose pour les douanes.

Parfois, des daronnes discutaient avec la mienne, et elles leur disaient qu'elles en avaient ras le cul du bled, écoeurées par la chiasse des gosses pendant le trajet, les petites phrases mesquines de la familles à l'arrivée qui les obligeaient par principe à cuisiner pour eux matin, midi et soir. Nan franchement elles enviaient ma daronne. Et chaque année c'est repartie. Tout ça pour quoi ? Pour montrer à leur famille qu'ils ont “réussit”. Sauver les apparences chaques années, à faire la queue au soleil en Espagne pour embarquer, avec des merdeux qui ont eu la même idées que leur père. Putain, quand on me parlait de ça, ça m'niquait rien que de l'entendre.

Aujourd'hui tous ces gens connaissent la tigresse, pris au piège par leurs propres stratégies de merde, ils se sont fait plusieurs raisons. Bandes de connard ! Ils pensaient que le bonheur était gratuit et docile...

« Voilà ce que ferait un mec qui déteste la France... Il se tape une stratégie à long terme et il décolle. Quand tu crames une voiture, t'encules des mecs qui sont dans la même merde que oit, tu prends le risque de t'faire serrer pour une phrase dans les journaux. Ce bled est de plus en plus peuplé par des vieux qui se chient dessus dès qu'ils entendent parler d'un renoi près de chez eux. Ce bled il vieillit : quoi qu'tu fasses les vieux sont plus nombreux que vous, ils voteront pour le mec qui créera la plus grosse des zonzons du pays, et les jeunes ils seront jamais assez nombreux pour voter pour eux mêmes... C'est pour ça mec que j'ai arrêté de voter. Les mecs de ma génération et la tienne on est tous des putes qu'on a coincé au coin d'une rue qu'on aurait lavé, et lubrifié le trou de balle avant de nous violer à p'tit feu. Tu vas taffer plus longtemps qu'eux, tu vas cautiser pour eux, tu vas connaître la mouiz plus qu'eux. Oublie les délires du genre « j'taffe cinquantes pijes dans la même boîte». Tu vas t'fabriquer une roulotte. Tu baiseras une roumaine un peu jolie et tu feras des gosses quand t'auras les moyens... »

Il re-tire une latte, il regarde le lampadaire et il crache en direction de l'ampoule comme s'il espérait l'atteindre.

« Franchement, on est prêt à mourir les yeux ouverts... »

En entendant cette phrase, Prophète avale de travers et tousse longuement.

« Comment tu veux mourir les yeux ouverts, alors que tu vis les yeux fermés »

Pour conjurer ce tableau, on rie mais c'était comme avaler sa salive quand tu crèves de soif. Le mec qui parlait de mourir les yeux ouverts avait maintenant un sourire figé: il regardait la scène de loin, en tenue de camouflage.

« Nan sérieux, méfiez-vous de la nouvelle génération de fils de pute qui vient de sortir... Tu les vois partout. Internet, google, la télé, la radio, les journaux... Partout mec ! Partout ! Tous les jours ils te diront que ça va moins mal que tu l'penses. Et quand ce sera vraiment la merde, t'auras personne d'autre vers qui t'tourner que ces enculés !

Si tu regardes bien, c'est des larbins qui ont pris la place d'une ancienne génération de larbins. Tu crois quoi ? Le pays crève la dalle pendant que ça shnouf, ça champagne, ça gala, ça émissionne, ça baise entre eux... »

« Les fils de putes... »

« T'inquiète mec, va pas croire qu'ils sont mieux que oit... Ils ont autant la dalle que oit, ils ont vu les même films que oit, ils ont les mêmes délires que oit... 

Franchement, dis moi c'est quoi la différence entre la crasseuse que tu croises le jour du marché avec sa daronne, et cette ministre ? Toutes les deux elles mouillent pour les mêmes quetrus à base de un ou deux briques ! Et toi ? Tu kifferais pas d'avoir la meuf dernier modèle ? »


Le cul d'Alhassane sonne et il se retire derrière la BM.

« T'as fait d'la prison ? »

« Comment t'appelle un asile psychiatrique ? » en lachant un petit rire aigüe auto-dérisoire.

Alhass se retourne vers oim, et je lui demande avec qui il parlait au téléphone. Il me dit qu'un pote a surpris Noémie, la soeur de Ganvaldez à côté du Cléopâtre avec Kader.

Noémie est une gamine overboostée de 16 pijes. Elle a des hanches étroites, des seins lourds, une peau laiteuse, une tignasse noire, des yeux bleux, et ce truc qu'ont généralement les portuguaises. Un truc qui te donne envie de la dominer.

Avec son jean remplie de cul, elle marchait souvent son portable rose et blanc soudée à sa cervelle qui a du grillé depuis le temps...

Franchement, je comprend les jeunes qui se réfugient dans l'alcool, quand l”avenir te fait pas bander, tu peux rendre ton envie de mourir utile, tu t'inscris à Al Qaïda tu deviens kamikaz après une formation, ça, ou te bourrer la gueule jusqu'à ne plus savoir qui tu es ou ce que tu fais ici”


Ganva était derrière, en me retournant je le voyais la main sur le capot arrière, en train de serrer les dents.

« Elle est au Cléopâtre avec Kader, elle est sortie de sa voiture, et ils sont entrés ensemble c'est c'qu'il m'a dit... ».

« Attend, attend, attend, ça fait combien de temps qu'elle est à l'intérieur ? »

« Ben maintenant, ils viennent tout juste d'entrer » dit Alhassane en me regardant.

Ganva paraît moins crispé et il ajoute simplement :

« Je vais lui faire bouffer ses dents à c'fils de pute... »

Avec ce que venait de dire Parfait, la phrase d'Alhassane avait une drôle de tonalité. Et c'est peut être ça qui a poussé Abdallah à dire :

« Toi aussi t'es un tocard, tu surveilles pas ta reuss... »

« A c'tt'heure-ci, la tienne elle doit s'toucher devant Sex and the City... mal baisée  »

wech ! »? En voyant un sourire qui prenait forme sur mon visage, Abdallah tente de me bousculer pour mettre une tatepa à Ganva. Mais son bras s'écrase entre ma tête et mon épaule. Je vacille mais je réussis à le repousser.

« Abdallah calme oit, sa soeur elle est avec ce tox', on va prendre une voiture et on la ramène »

« Je vais lui baiser sa mère! » gueule Ganva. Impossible de savoir s'il parlait d'Abdallah ou de Tarek.

« OK, attend je vais demander à Pro... »

« Dis à ce sale portos d'aller se faire enculer avec sa soeur, moi j'reste ici ! », répond Abdallah.

« Wech les jeunes qu'c'qu'c'p'sse »

« Nan la soeur de Ganvaldez elle est avec un mec chelou et faut que tu nous dépannes une voiture »

« Ben prend celle-là, mais 'andak... »


« T'inquiète j'te la ramène dès que j'aurai fini »

« T'as cru quoi ? Dès que t'as fini tu la ramène et pas une balafre»

Parfait dit un mot au mec assis du côté passager, pour voir deux colosses sortir péniblement de la voiture.

Je me retourne vers Abdallah :

« Alors tu viens ou pas ? »

« Je me mets devant si c'est toi qui conduis »


01b



Thursday 28 February 2008, a 18:29
L'an pire du mal - Le baron noir de Vegas

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- Allez, grimpe.

Encore étourdi, je monte dans le véhicule où une chaleur sèche m'accueillait, comme si le radiateur était placé sous le montant de la portière. Je claque la porte et je m'oblige à respirer moins profondément pour ne pas être écœuré.

- Bon on y va.

- Attend, éteins les phares et roule doucement.

- Wech t'as craqué ?!

- Fais ce que je te dis, roule doucement et éteins les phares.

- T'sais quoi, coupe le moteur !

Ganvaldez rigole. Je me répète :

- On est en pente, tu laisses coulisser ta voiture jusqu'au bout puis tu démarres quand ce sera nécessaire. Ça sert à rien de rouler les phares éteints avec zenzla qu'elle fout...

Sa voiture grinçait périodiquement, même à l'arrêt, comme si des pièces se frottaient à chaque explosion du moteur.

Il coupe le moteur et tire le frein à main, et la voiture recule doucement. Il tourne le volant délicatement pour la rabattre de telle sorte qu'elle ait la même direction que la pente. Darius sourie : il allume l'autoradio pour y glisser la bande originale de notre fuite.

Un silence. Six notes de basse répétées périodiquement s'échappent aux quatre coins de l'habitacle. La confidentialité de la situation jusqu'à présent leurrée par l'esprit de groupe et les rires d'Alhassane, s'impose d'elle même : l'euphorie s'est diluée pour ne laisser que quatre personnes captivées par les manœuvres du conducteur. Maintenant les cuivres, comme un cri dans la nuit, un hurlement plaintif, semble nous apostropher : « Qu'est ce que vous foutez là bande de baltringues ». La musique du contenant était maintenant dans le contenu. J'avais l'impression d'être dans une boite d'allumette qui tentait d'échapper à la moindre friction. La nuit reprenait ses droits grâce à quelque note assises sur un silence. Le temps qui passait devenait une petite victoire... Personne ne regarde personne. Je le sens. Qui voudrait lire l'amertume ou de la peur dans les yeux de son voisins.

C'est pourtant de cela qu'il était question : une impression de ressentir d'un seul coup la fadeur de la vie., à quel point les choses sont à la fois brutales et fragiles, puisque si dépendantes des unes des autres : rien ne serait ce qu'il est si certaines choses ne se réajustaient pas pour compenser le reste. Mon mensonge m'a permit de louer cette voiture. Quelle merde.

Les violons surgissent et je ressens comme un shoot d'optimisme : il me donne l'honorabilité que je cherchais ce soir. Puis les percutions, douces mais nette exacerbait mon impatience de quitter les lieux. Plus je me focalise sur elles, et plus elle me semble déterminée. Comme des éruptions de plus en plus mécanique.

Ces putains de violons me trahissent maintenant en revenant sur d'inquiétantes notes aigües, qui incisent cette bouffée d'air : un frisson qui claque dans mes épaules se transforme en un engourdissement diffus dans mes jambes. Je me sens bien.

Cette musique exacerbe de plus en plus mon attention. Au virage cette sensation bizarre qui revient, celle que j'ai eu dans l'appart de Moumou: une fiction avait prit le pas sur une vie.

La Fuego tient bon, et Darius freine sporadiquement pour controler la descente de la voiture. Après un bond coup de frein, et un relâchement total accompagné d'une rapide manœuvre vers la droite puis la gauche, on sort de ce mini parking dans un silence relatif.

La voix du chanteur s'invite, pleine de mélancolie, posée exactement sur la note qu'il fallait : l'anxiété me gagnait et la voix me rassurait un peu. La voiture descend cette seconde pente pour longer le mur du bâtiment de Fayssal. Arrivé au bout, il démarre le moteur, une griffure sonore qui étouffe notre musique, pour ressortir sur une petite ruelle très escarpée : « And when he dies, he was alone ».

L'écho des trompettes semblait résonner entre les murs de ces tours, de ces barres de béton télécommunicants. Le ciel pourpre sombre.

Les clappements étaient comme des encouragements, la voiture se déplaçait lentement, les feux toujours éteints, le pare brise grisé par les traces de doigt et la lumière des lampadaires qui s'y réfractait était un voile pratiquement opaque par moment.

Je vois le feu :

- Passe mec

-T'es fou ou quoi ?

- Tu mouilles ? Passe ya personne.

- Et les keufs y vont nous voir.

- Arrête tes conneries toi aussi, les rues sont vides si on s'arrête on est fiché.

- Vas y passe la chatte à ta mère...

- C'est bon Abdallah calme toi il est vert maintenant.

- Sale pédé, on a les keufs derrière et il veut s'arrêter au feu. La chatte à ta grand mère tu voulais qu'on se fait serrer pour que tu racontes cette histoire aux pédales avec qui il traine !

- Calme oit ou tu descends...

- Quoi sale fils de pute. Tu t'arrêtes et je te baise ta mère et je prend les clés pour baiser ta mère pour de vrai.

- Quoi ?! S'ab tu fais du taek wondo tu crois que t'es dare ?

-'tain ! arrêtez wech !

- Écoute je vous dépose c'est pour oit seulement.. J'vais pas me casser les couilles à vous parachuter devant vos mères...

- On va où ? Me dit Alhass

- Euh j'sais ap.

- Dépêchez vous...

- On va à Vegas ?

- Vas-y je dois récupérer ma manette de toute façon.

Et c'est comme ça qu'on a décidé de se rendre à Vegas. Las Vegas était un quartier de notre cité qui tenait son nom d'une tour orange : la tour Vega.

Cette tour était là au milieu, prise au piège entre trois bâtiments. Tout chez elle, ressortait. Sa couleur, son nom, ceux qui y vivent.

Elle avait une sorte d'écriteau géant avec les quatre lettre V, E, G, A au dessus. Les mecs de ce quartiers – je suis incapable de dire qui a eu cette idée – se sont réapropriés cet écriteau et quelque part cette tour aussi en baptisant leur quartier Las Vegas.

Ce coin là était assez spéciale parce qu'il cultivait les paradoxes : super calme, super propre, il contrastait avec les autres quartiers. Mais en même temps beaucoup d'activités sous-marines : trafic de drogue, armes, voiture volé ou réparé dans les parking par les pères des caïds aigris par le travail à la chaîne.

J'oublierai jamais le père d'Abdelatif avec qui on discutait quand on était gosse quand il était assis complètement bourré à deux pas de mon école primaire en nous expliquant la vie. Il nous disait : «  Les mecs d'aujourd'hui y passent en zonzon pour deux grammes, à mon époque on passai 15 kg dans la R18 de Gaspard, ça glissait ».

Ça se passait toujours comme ça : on discutait, puis on rigolait, puis ça dégénérait. On lui balançait des pierres pour l'obliger à se lever puis il se cassait la gueule, allongé sur ses crachats. C'était dare.

Pendant les émeutes en 2005, tous les quartiers étaient en mode Grozny sauf Vegas. Pour conforter le mythe, on dit que c'est parce qu'ils avaient trop à perdre s'ils se faisaient remarquer. Il y a encore des mecs qui y croient encore. Personnellement, je pense qu'il y a autant de raison de tout croire et son contraire. Les mythos sont un peu nos bardes.

J'avais l'intention de retrouver Parfait. C'est un renoi Zaïrois ou Congolais je ne sais plus. On a jamais vu ses parents. On raconte que sa mère voulait l'appeler Inter en souvenir de la compagnie qui la fait monter en France. C'est son père qui a eu le dernier mot, en l'appelant Parfait.

Il était bizarre. Mes potes et moi on a assisté aux divers périodes d'évolution du mec : il a un période caill' classique, puis un moment il était dans le genre je brasse des billets mais en fait je brasse de l'air avec ma langue, puis il a eu un trip mystico-vaudou.

Pendant des années, on ne l'a plus revu. J'ai appris qu'il était alors interné en psychiatrie. Depuis maintenant un an, il est de retour sur ses terres. Très peu l'appelle Parfait aujourd'hui. La BAC le surnommait « Prophète ». Et durant sa disparition temporaire, ce surnom a pris le pas sur son vrai nom : il creusait parfois des trous dans lesquels il chiait et/ou pissait. « C'est le couloir de télé, c'est lui... derrière toi, derrière moi, derrière tout le monde ».

A son retour, il est devenu un prêcheur de bonne parole, ''un grand frère'' comme dise les journalistes. Il trainait parfois avec Omar. C'était un renoi très grand, très mince : sa gueule est complètement défiguré par la 8-6. Quand il était bourré ils se fightaient souvent. Omar était très très balèze : il ne sent pas les coups. Certains disent que c'est à cause de l'alcool mais je pense que la génétique est là dessous : j'ai entendu parler d'une maladie qui rend les gens insensibles. Je pense qu'il doit avoir ce genre de truc.

Je me souviens une fois, complètement die, il gueulait : « Monsieur Bec » en insistant sur le « Bec » en défonçant la poubelle en plastique accroché au sol. Il mettait des gros coup de pied comme s'il shootait un ballon. Le sang traversait ses reebok et il continuait. Personne ne l'approchait quand il était comme ça. « Monsieur Bec descend que je te... que je te baise toi et ta femme ».

Jamais vu un animal comme ça.

Las Vegas n'est pas LE quartier le plus dangereux. C'est juste un quartier qui attire du monde. Le gros du truc on le voit jamais de toute façon.


Ça y est, je vois la tour Vega et le bâtiment de Parfait. Un coin fatigué. Il y a des mecs devant.

« Vas y dépose nous al... »

On descend et une bourrasque me claque la gueule. Je vois des mecs assis sur les marches d'une entrée de l'immeuble. Une BMW, une vieille série trois noire, sur le côté. La première personne que je remarque c'est le type assis au centre avec une béquille dont le métal reflète la lumière du lampadaire qui vomit sur eux un orange triste.

Mes gars et moi, les mains dans les poches, on s'approche et une autre ambiance nous accueille alors : la BMW crache un son dare. Les basses séquestrent les enceintes d'où elles émergent. Un son agressif à cause de la saturation. Une voix de funky nigger accentue encore plus cette saturation. Des percutions claires posent le décors.

Des Tupac et des Donnie Brasco hochent à chaque coup. Deux mecs avec des vestes en cuire noir l'un en face de l'autre manipulent leur portable. Alhassane prend les devants et baisse son pantalon ras les couilles pour improviser quelques pas de C Walk. Des « Siiii si! » fusent. On check. Chaque quartier à sa façon de le faire : ici, on tape la paume de la main de l'autre, puis on on claque nos doigts après avoir tenu brièvement l'extrémité du majeur de l'autre entre le pouce et le majeur. Et réciproquement.

Je m'approche, du gars avec la béquille, le sourire en biais, il me regarde : « Grand con il a grandi ! ». Cette voix de vieil ivrogne lui donnait une certaine prestance, comme un maque au milieu de ses hommes de main, une sorte de big money maker.

« Parfait ? Wesh, j't'ai même pas reconnu ! ». Lorsque j'ai prononcé son nom les deux mecs qui jouaient avec leur portable se retournent. Parfait continue de me regarder comme s'il m'attendait là depuis tout à l'heure.

I'm trying not to lose my head”



Wednesday 19 December 2007, a 15:06
L'an pire du mal (suite 2) - Une halène ensanglantée

Alhassane était essoufflé. J'avais une sensation, comme si un vide avait parcouru mon corps, de la tête au jambe, pour commander ma chute. Je suis à genou me tenant par la force de mes bras. Je sentais que je n'allais pas tenir longtemps. Mes avant bras tremblaient :

« Wow qu'est ce qui t'arrive ?! »

On me parlait. Ils disaient des choses et moi je n'étais pas capable d'aligner plus de deux réflections de suite... Je n'arrivais plus à penser... On continuait à me parler. On me déplace pour que je puisse m'adosser au mur.

« Qu'est-ce que t'as vue ? Il est mort ? »

Je regarde Ganva, comme si les paroles venait de lui. Je voulais lui répondre. Je manquai de souffle. Mon estomac me fait mal.

Putain, il est mort... On est dans la merde. On va se faire serrer.

Eh ! J'ai juste boxé des portes ! J'ai tué personne...

Pareil, j'ai tué personne. Il était en vie quand on a quitté la pièce.

Il y avait une espèce de coalition qui se formait sous mes yeux. Chacun se dédouanait. Ca signifiait qu'ils s'entendait déjà sur une version... Je servais déjà d'urinoir.

Pendant qu'ils se répartissaient les rôles, je lâche : « Il est pas mort ». Leur discussion s'arrête. Ils me regardent et ils répètent mes mots, avec un espèce de soulagement. Un aveu.

« Il s'est chié dessus mais il respire encore... ».

Il se grattent en frottant leur bonnet contre leur tête sans l'ôter. Ils ne disaient plus rien : j'étais témoin de leur traîtrise latente, cette menace fictive qui se dévoile enfin. J'ai eu en live l'expression de leur esprit : j'ai compris que nous n'étions pas amis. Juste des voisins en mal d'expérience qui se retrouvaient dans un jeu de codes, de réflexes, d'expressions sans cesses renouvelées, redéfinies comme pour brouiller les pistes. On était là, tout le temps, mais on ne se connaît pas vraiment. On ne connaissait pas les limites de l'autre. Chacun avait jusqu'ici méticuleusement travaillé son image : ça partait du choix des baskets, aux soss pour les plans, les meufs avec qui on baise, la voiture que l'on achète en Belgique, jusqu'au temps que l'on passe dehors et surtout comment on l'investit.

On avait les même frustrations, le même stress, mais personne ne ressentait le besoin de l'exprimer. Tout le monde était dans le même merdier.

Je pense que j'en aurai fait autant qu'eux. Je me lève et je les regarde mais chacun se planquait derrière son écharpe, et fixait le sol comme s'ils attendaient un sermon. J'avais effectivement l'intention de leur expliquer les choses plus en détail. Mais en dire trop c'est prendre des risques pour la suite, si les choses se compliquent. De toute façon, je sais maintenant à quoi m'attendre, ils ont indirectement validé leur protocole d'accord...

- On fait quoi maintenant ? Alhassane qui t'as appelé tout à l'heure pour qu'on le rejoigne au centre commercial ?

–  Darius.

Dis lui de nous rejoindre et qu'on se casse d'ici, lui dis-je fermement comme pour me débarrasser de l'aigreur qui me tiraillait face à cette équipe de traître.

Il sort son clapet en faisant une moue comme s'il était injustement opprimé. Dans d'autres circonstances, je lui aurai mis une patate sèche sans prévenir.

Il lui explique donc la situation sans entrer dans les détails, c'est à dire en ne parlant que de ce qu'il se passait à l'extérieur.

La brume toxique nous attendait dehors. Les flics étaient certainement équipé pour provoquer des accidents après toutes les saloperies qu'ils ont reçu dans la gueule.

Putain mec, j'oublierai ap.

Quoi qu'est ce qu'il y a ?

Darius dit qu'il veut pas être repérer là bas, il a endormi trop d'amendes s'il se fait griller, il va casquer...

Putain !

On va faire quoi maintenant ? On va attendre comme des rats qu'ils nous gazent dans ce hall ?

Dis lui de nous attendre au square Montesquieux. Il nous intercepte et on décolle.

Avec ce brouillard tu crois qu'on va y arriver ? On va être en sang et les keufs vont nous cueillir au bout de la rue me dit Ganva.

Écoute si tu veux rester ici, c'est pas mon problème.

En lui balançant cette phrase dans la gueule, je jouais sur sa peur : un délinquant dans une entrée, un cadavre au premier le raccourcis est vite fait. Quelque part j'espérai qu'il me dise je reste, je regrettai déjà de lui avoir dit ça : peut-être qu'il serait resté sans avoir à le pousser. Mais ce salopard sait où son intérêt se trouve : « C'est bon je vous suis ».

On inspire alors profondément et on soulève nos écharpes. Je vois Alhassane qui soulève ses chaussettes. Je remets ma capuche, j'accroche ma batte de base-ball au dos avec un lacet que je sers pour éviter qu'elle tombe : « Wesh Robin du bois de boubou ! ». C'est vrai, je ressemblait à une sorte de Robin des Bois avec cet arc improvisé qu'était ma batte et ce bout de ficelle.

Je ne dis rien, je racle profondément et je crache . Ganva s'étire en s'appuyant sur une boite au lettre. On ne savait pas ce qui allait se passer. La seule chose que l'on souhaite dans ce genre de situation, c'est que les choses se passent vite. Sans voir le truc  venir. Comme une aiguille qu'on t'enfonce dans le cul. 

Ganva récupère les protections d'Abdallah et les engouffre dans son sac. On s'entraidait pour maquiller nos silhouettes. Pendant que je remonte mon panthalon, je vois Alhassane qui prie . Il parle le peul. Je ne sais pas ce qu'il dit. On était face à un adversaire visiblement puissant mais qui s'exprimait dans l'ombre. On a tout fait pour créer cette situation, ce trou d'air, cet ensemble vide où tout est redéfinie : chacun doit prendre ses précautions, ce qui va se passer dépendra directement de chacun de nos actes. Alhassane ouvre la porte et sort le premier.

Il court le dos courbé. L'enfer. La brume me chauffait puis me piquait les yeux, je courrai comme un chien, comme un condamné à mort. Le tapis de bitume défile à une vitesse de dingue sous mes baskets, mes yeux me piquaient d'avantage. Les larmes coulent, et je m'essuie rapidement avec mes moufles. La nuit, j'ai l'impression de courir plus vite. J'ai toujours eu cette sensation. Le décors ne se déplace pas exactement pareil.

Abdallah et Alhassane se sont vite transformés en ombre que cette rosée toxique a fini par avaler. J'étais incapable de comprendre comment il faisait pour se repérer. Très vite mes poumons prennent le dessus sur ma volonté : j'avais sprinté sur une cinquantaine de mètres en coupant ma respiration. Les toxines rentrent prodigieusement dans mes poumons. Cet air agressif, de par sa température et sa composition chimique me brûlait de l'intérieur. Je m'arrête brutalement. Je tousse. Une toux dégueulasse. Une toux qui te fait trembler de l'intérieur, qui te griffe comme si du verre pilé remontait jusqu'à ta gorge. J'essaie de reprendre calmement mon souffle et les toxines  rentrent de plus belle dans mon corps. J'étais pris au piège, comme un insecte ou un rat qu'on gaz. Mon nez coule, et je commence à ressentir la fatigue. Mon coeur s'emballe et ma tête tourne légèrement. Ganva qui était derrière me colle une gifle sur la tête : j'aurai presque cru que c'était un policier sur le coup si en me courbant je n'avais pas vu ses baskets. Je me ressaisis et je reprend le marathon. Je saute la barrière qui me paraissait plus haute avec l'éclairage. Plus je courrai et plus ma respiration s'améliorait. Je m'éloignai des gaz lacrymos pour respirer cet air froid et pure. Je traverse la route sans vérifier quoi que ce soit. Je remarque quand même des points rouges. C'était la police. Ils étaient là où Ganva ou je ne sais plus qui m'avait qu'on allait se faire cueillir.

On coupe directement en passant par à travers quelques buissons plutôt que de les contourner : j'y arriverai plus rapidement ou je me planquerai si nécessaire. Je remercierai jamais assez le maire pour sa politique de refleurissement du quartier ! La vingtaine passée je jouais encore à la chasse à l'homme comme au collège ! Ces années d'entraînement auront servis à quelque chose !

Je cours confiant pour finalement apercevoir Alhassane montrant la direction où se trouvait la voiture de Darius.

Jamais je n'ai été aussi heureux de voir cette Renault Fuego rouge complètement déglinguéez, avec cette fumée blanche derrière elle. Dès que je l'aperçois, j'arrête ma course. Mon coeur me punit. Il boxe ma cage thoracique comme pour fuire son propriétaire. Il tape fort. Je sens les veines de mes tempes, tambouriner à leur tour. Mon écharpe m'étouffe. Je la retire et mon halène sent le sang. Je racle ma gorge pour cracher et voir si je ne saigne pas. Non, c'est blanc.

Je les vois. Mes potes sont déjà à l'intérieur en train de rigoler et en se faisant des tapes. Si j'entre je vais étouffer. Je marche puis arrivé à la portière je respire profondément en m'appuyant sur celle-ci comme un alcoolique sur le point de vomir.

J'étais épuisé, suspendu au bras de sa caisse mais bercé par son ronronnement.



Friday 30 November 2007, a 23:16
L'an pire du mal (suite) - Le tombeau émancipant

 

"Abdallah ? Tu as oublié quelque chose à la mosquée ?"

Un silence était sur le point de s'établir. Alhassane, toujours masqué par son écharpe, jusque là planqué contre le mur, entre en force avec un violent coup d'épaule. Papa est projeté derrière sa porte : l'appartement est à nous.

Moi j'étais à gauche de l'entrée, et j'avais suivi le mouvement d'Alhassane. C'était petit chez lui. Les couleurs étaient assez homogènes : le fauteuil usé en cuir marron se mariait au meuble en bois, probablement récupéré dans une décharge ou dans une cave abandonnée, et son papier peint kaki.

Ca sentait l'encens. Ca ressemblait à un petit appart' de vieux boxeur retraité, qui aurait été détroussé par son manager jusqu'à ce qu'il devienne suffisamment gaga pour se résoudre à devenir ouvrier.... Quelque chose comme ça. A part les photos, rien ne témoigne de la présence d'une femme. Pendant que le vieux étaient à terre, se tenant sur ses coudes, en répétant constamment "Abdallah? C'est toi Abdallah ?", je voyais ses mains qui tremblaient. C'était la peur ou les relans de sa carcasse contre le déséquilibre lié à sa position.

Je pose les yeux sur la console : une télé cathodique, bombée, dont le reflet présentait le portrait déformée de la scène qui se déroulait. "Abdallah, je sais que c'est toi, répond !".

"Ferme ta mère !" crie Ganva, en lui balançant le gros Robert sur sa sale gueule. Une gueule de gros chien qui cache, qui complote, qui arrose. Le gras qui pend en dessous du menton, insolemment en bonne santé pour un cardiaque. "Abdallah, j'vais dénoncer ton papa ou syndic". Ce porc aveuglé par ses années de médiations, de pressions, n'avait pas encore pris conscience de sa situation.

J'empoigne le coin de la table, et je lui envoie un gros coup de pied dans les couilles : il tombe sur le côté en tenant ses mains entre ses jambes comme s'il espérait que cela le préserverait de la douleur.

Personne à ce moment-là ne bouge, mais personne ne s'était dessolidarisé. Ce coup de pied était un exutoire pour tout le monde je pense : toutes ces années où ils nous expulsaient du hall d'entrée... Toutes ces fois, en rentrant chez nous où nos pères nous attendaient la ceinture entre les mains... Je craignais ce type plus que mon père. Il suffisait que mon père apprenait que des personnes m'ont surpris en train de lui parler, pour qu'il m'attrape par le col et me donne de gros coups de pied au cul, de l'école jusqu'à la maison, avec tous les copains qui couraient autour en riant. Il "s'amusait" à chaque fois à relâcher mon col pour que j'avance par la force de ses coups de pied. Je tombais pratiquement à chaque fois. "Petit con, Petit con".

En grandissant, mon père à traverser le sol, et je suis devenu pour tout le monde "grand con".

Alhassane se foutaient souvent de ma gueule en disant que je devais avoir le cul plus plat que la terre. En le voyant se tordre de douleur, une excitation sexuelle montait. Ce sentiment de puissance. Je venais de prendre le pouvoir : j'ai grandi en traversant le seuil de l'entrée ! Bientôt une érection allait trahir mes pensées malgré la double couche de pantalons. Je me précipite vers la télé pour la foutre par terre. Et je regarde par terre en me demandant ce qu'on faisait ici. C'était curieux, ce vide... Qu'est ce qu'on foutait là ?

Les clés de la cave. Je me dirige vers Ganva et je lui chuchote : "Demande lui où sont les clés de la cave?".

Ganva me regarde du genre "pour qui tu te prends ce soir ?". J'ai fait mine de regarder le vieux mais je savais qu'il continuait à me regarder.

"Les clés de la cave ? Où elles sont ?" dit il à travers son écharpe.

Le vieux était en train de faire dans son froc, il marmonnait des mots en arabes. J'ai compris mon erreur. On ne l'avait pas assez menacé, du coup il s'est braqué et quoi qu'on puisse lui faire c'était mort. Il était replié sur lui-même. J'ai vu ça dans un documentaire où des soldats américains se faisaient torturer par des noiches. Ils disaient qu'ils étaient forts parce qu'ils s'arrêtaient à chaque fois, juste avant que le mec claque. Pour le relancer quelques heures après. Mais généralement ce n'était pas efficace parce que psychologiquement, il n'était plus là. Ils n'étaient plus dans leurs corps. Qu'on pourrait les violer ce serait pareil pour eux.

Je ne voulais pas qu'il entende ma voix mais ça m'a échappé :"Ce con est perché. On peut rien en tirer". Alhassane ne comprenait pas, il avait l'impression que je me dégonflais : il le saisit par le col en le fixant dans les yeux, et en hurlant fermement "Sale fils de...". Et c'est là qu'il s'est rendu compte qu'il était en pleine crise.

Il me regarde et j'ai compris.

"On bouge !"

On sort en catastrophe. En descendant, j'ai failli me casser la gueule. Mes potes étaient déjà devant la porte de sortie. J'étais surpris de les voir dans le hall, et pas à l'extérieur : "T'as vu le brouillard !" dit Alhass en toussant.

"Merde faut qu'on retourne, les keufs nous attendent aux sorties. S'il ne voient rien ils vont débouler dans chaque entrée et nettoyer".

"On a qu'à rester dans l'appart' du vieux !" dit Abdallah.

Et là un silence. Personne ne voulait admettre sa peur de retourner à l'intérieur.

"De toute façon, ils sont pas cons, ils savent où se trouve le concierge : ils vont peut être faire des descentes dans les caves pour récupérer du matos s'il y a du matos".

Ganva venait de nous trouver l'excuse parfaite.

Mais Alhass répond : "t'as pensé à fermer la porte derrière toi ?", me dit-il.

Alhassane venait de désigner le type qui allait chercher les clés...

Je monte les escaliers deux par deux : la police peut débarquer d'un moment à l'autre, et si le vieux avait simulé... J'entre et une violente odeur de merde me prend à la gorge. Le vieux était là, le combiné de téléphone dans sa main droite parterre. Mon premier réflexe était de saisir le téléphone : tout porte à croire qu'il n'a pas composé de numéro. Ce vieux dégueulasse avait bien simulé. J'avais envi de lui foutre un coup de pied au ventre. Et j'ai vu son froc salis de tous les coté : Mouloud venait de mourir. Il a évacué le surplus dans son salon. Je m'approchai de l'armoire et l'odeur de merde était tellement fraîche qu'elle me provoquait des spasmes. Une profonde envie de gerber mélangée avec l'angoisse d'avoir vu ce que j'ai vu sur le toit, d'être encore une fois le spectateur et acteur de la mort de plusieurs personnes me donnait des vertiges. Je sentais que quelque chose allait sortir. Je sors de cette pièce à deux doigts de me vomir dessus. Je referme la porte derrière moi et je souffle. Ca y est j'ai basculé de l'autre côté.

En redescendant complètement sonné j'étais presque assommé de les voir devant la porte de la cave, l'air abattu, et surtout à trois année-lumières de comprendre ce qu'il venait de se passer.

On allait certainement s'engueuler pour coller la faute à l'autre avant que l'un d'entre nous finisse par se dénoncer en premier avec tous les privilèges que cela comporte, à commencer par un transfert non équirépartie des emmerdes... Que faire ?



Tuesday 27 November 2007, a 20:05
L'an pire du mal - La chaleur d'une nuit hivernale

Il fait froid. Il est l'heure de décoller. Mes amis et moi, nous sommes debout dans le froid. Fiers, et flamboyants de par notre jeunesse. Les manifs se lancent et ça sent la haine : le caoutchouc brûlé m'aide à émergé de ma journée de sommeil. Le vent me fouette les oreilles. De toute façon il est temps de mettre ma cagoule, mon écharpe. Le cinéma commence.

J'attends Abdallah près de la bouche de métro. La nuit est sur le point de tomber. Non, il n'est que dix-huit heures pourtant. La brume a feutré les rues. Mes yeux me piquent et Abdallah m'énerve.

Le temps passe, et heureusement j'ai pensé à mettre un deuxième pantalon sous mon survêtement. Et il est enfin arrivé.

Capuchonné, moufles, air max, survêt'.

Je lui dis :"Wesh c'est quoi cette démarche". Il me dit :"J'ai mis mes protections". Abdallah fait du taek wondo. La haine dans les yeux. Il ressortait pourtant de la mosquée.

La nuit est opaque. Aucune étoile ne transparait. Quatre mecs devant l'école maternelle ont décidé de passer à l'action.

Nous prenons nos barres de fer et nous montons les marches. Sur le toit de la ville, le ciel nous lacère le visage. Debouts, batte de base ball sur l'épaule, nous règnerons toute la nuit sur cette ville. Nous sommes les derniers desperados d'un middle west bétonné.

La brume escalade les étages de ces fenêtres fermées par ces locataires qui prient pour que leurs voitures ne brûlent pas. Et pourtant ce soir les flammes vont lécher les trottoirs, les astéroïdes s'écraseront sur le toit des fourgons, et sur les murs des écoles : la fin du monde en une cinquantaine de minute. Une voiture de police arrive et chacun sert les dents. Les rues orangeâtres maquillées par cette brume laissent échapper quelques appels, des sifflements.

Maman pardonne-moi, je ne connais pas encore mes limites.

La foudre s'abat sur un petit groupe de policiers qui passaient en dessous : des briques rouges, ou en passe de le devenir pleuvent sur ces malheureux. Très vite nous nous cachons pour ne pas être repérer dans cette forêt de béton. Quelque cris, étouffés par les casques se font entendre : mon coeur fait vibrer la fermeture éclaire de ma veste. Allonger par terre derrière ce petit muret qui nous sépare du vide, l'un d'entre nous se lance : il jette un coup d'oeil pour voir si les policiers sont repliés.

Ganvaldez me fait signe : « Vas-y bombarde ».

Je ne sais pas ce qui m'a pris et j'ai crié : « Allah Akbar ». Ma mère me tuerait si elle m'entendait... Tous ces cours de cathé pour se retrouver sur un toit à crier « Allah Akbar »...

Je lance le four micro onde en direction du fourgon, et en me retirant pour me cacher derrière le muret j'aperçois deux choses : deux hommes à terre, et un nouveau fourgon à l'approche. Finalement la nuit sera longue.

Alhassane lit l'inquiétude dans mes yeux et sort son portable : « rejoins nous au centre commerciale, ça va être tigre ».

Mes potes et moi, nous descendons les escaliers à toute allure pour rejoindre les caves où nos scooters nous attendent :

« Allah Akbar, grand con, tu t'es cru à Kaboul ». Mon écharpe collé au visage, je pouffais de rire mais j'étais à deux doigts de pleurer de peur. J'avais peut être tué ces deux hommes sur le trottoir.

La violence ne m'a jamais paru aussi difficile à vivre qu'en ce moment.

« Il est malin grand con, il a fait ça pour que les keufs se disent que c'est un reubeu qui a fait le coup » me lance Ganva.

Arrivés au rez de chaussée, essoufflé après avoir descendu une trentaine d'étage puisque les ascenseurs sont en pannes depuis une dizaine d'année, on se retrouve devant une porte fermée : les proprios avaient prévus le coup ou c'est peut être les coproprios qui ont contacter le concierge pour prendre leurs précautions.

« Il faut qu'on couche cette putain de porte », dit Abdallah en lançant un violent coup de pied sans la faire trembler.

« Ou faire une visite à Papa Mouloud », dit Ganza.

Tout le monde détestait Papa Mouloud. Il était le premier à se présenter aux caméras quand les journalistes de l'an dernier ont rendu visite au quartier : il en racontait trop, c'est limite s'il ne dénonçait pas ses voisins. Personne ne pouvait s'en prendre à lui, il est cardiaque, son fils n'est pas là pendant les vacances, et on raconte qu'il a une certaine influence par rapport au syndique.

Si on s'en prend à lui, et qu'il découvre l'identité de ses agresseurs, autant dire à ses parents de faire leurs bagages et décoller aussi sec. Je n'ai pas peur pour moi, mais seulement par rapport à ce que mes parents risquent d'avoir comme problèmes. De toute façon, s'ils me foutent à la rue Octay m'a dit qu'il me réserve une place au grec du coin si je cherche du taff.

« Rendons visite à Papa Moumou ». On remonte au premier et des cris se font entendre dans la rue : on sent presque l'odeur des bombes lacrymogènes.

Une fois devant la porte du concierge, c'est au pied de celle-ci que j'allais me débarrasser de mon innocence, qui jusque-là, avait réussi tant bien que mal à travestir mes pulsions.

La porte finit par s'ouvrir...



Presentation
Huck était au départ la réincarnation numérique de Huckleberry Finn, le célèbre personnage qui traverse le Mississipi avec son ami Jim. Il avait remplacé sa rame par une souris optique et a commencé à traverser les flots de bits qui transitent dans ce fleuve, lit d'une hyper réalité, qu'est internet en donnant son point de vue sur tout.
Fondamentalement généreux, défendant les malheureux du monde, qu'ils viennent en cargot ou pas, qu'ils meurent sous les bombes ou non, et ce, durant plus d'une année.
Jusqu'au jour où il se rend compte que ses bons sentiments n'ont jamais sauvé personne et qu'une entité noire, qu'il a jusqu'à là retenue le séduise. Après de nombreuses trahisons, désillusions, il comprend qu'en devenant intelligent, il se condamne à être triste.
C'est alors qu'un dernier sursaut, condensé par une énergie nouvelle, pétrie d'orgueil et du matérialisme le plus profond le transforme en une autre personne. Ce qu'il n'était pas sera maintenant sa nouvelle forme.
Il devient < huck.

Se complaisant dans sa noirceur et ne faisant confiance à personne si ce n'est à son propre potentiel, il prend le contrôle de ce blog puis se sert de son alter ego Huck comme caution de son égoïsme, de sa haine qui le nourrit, lui permettant de survivre et surtout de se surpasser.
Plus que jamais, ce que certains considéraient comme les mauvais traits de Huck, seront totalement exacerbés, et théorisés pour former < huck.

Son objectif n'est plus de dénoncer les injustices comme le faisait Huck mais devenir riche et écraser ses contemporains jusqu'à ce que leurs os traversent le sol. Cette haine décuple ses forces comme jamais.
En gagnant les élections inter résidence universitaire du XIIIe arrondissement de Paris, il devient " Le Baron du XIIIe arrondissement " en novembre 2008 en mettant à genou la plus grosse association d'étudiants de France (l'UNEF : 29,09% contre 70,91% pour sa liste).
Homme d'affaires, son réseau professionnel se tisse jusque dans le milieu politique.

Mettre le nom de son vieux père à une hauteur qu'il n'a jamais imaginée, et briser vos espoirs en concrétisant les siens sont devenus sa raison de vivre.

Bienvenue dans la face sombre du Huckleberry Finn du XXIe Siècle.

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Cinquante et une années d'indépendance ahmice (09/10/2009 17:49)

un blog interressant...

Une putain de bonne journée ! samudra (08/10/2009 15:59)

ha oui ..........qua...

Une putain de bonne journée ! samudra (08/10/2009 15:57)

coucou ti hu ck ça f...

Fou rire incontrolable ! Thomas (27/09/2009 15:23)

C'est une fauss...

Ces gens-là de Jacques Brel samudra (13/09/2009 18:46)

coucou huckkkkkk ha ...

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