Comme je te l'ai dit la semaine dernière j'ai acheté la biographie d'Iggy Pop et le dernier bouquin de Bayrou. D'ailleurs je me souviens de la dame de la FNAC à qui j'ai demandé de l'aide pour trouver ce bouquin : elle disait qu'il était dispo dans le rayon mais il était introuvable. Après 20 minutes de recherches, on le trouve finalement : "alors j'ai bien mérité un ice-cream ?!" dit-elle. Si elle savait ce que ça veut dire un ice-cream dans le hip-hop ^^' ... Bref !
Je vais me prêter ici à un exercice sans prétention littéraire que je n'ai jamais fait jusqu'à présent même du temps du Huckleberry Finn du XXIe s. Je vais vous donner mon point de vue sur ce bouquin, et mettre en évidence ce qui m'a plus.
Iggy pop est un personnage clé de la culture "pop", qui a montré la voie à ceux que l'on appelle aujourd'hui les punks et les adeptes du grunge (Nirvana). Iggy Pop est une aventure. Iggy vient du mot Iguane en référence au premier groupe qu'il a rejoint. Un surnom qu'il n'aime pas mais qu'il accepte de porter comme nom de scène. Paradoxalement, il en jouera en glissant comme un lézard sur scène, sortant sa langue et sa queue comme s'il "était de mèche avec le diable". Lorsqu'on comprend cela, on comprend beaucoup de chose chez ce type au sens de l'observation hyper aiguisé, aux formules percuttantes, cocktails de condescendance, et de tendresse. De bestialité et de sophistication : "une bande de salopes élevées au grain, avec des seins monstrueux, le regard bovin, fagotées dans les dos-nu les plus provocants possible - des filles cools,des gentilles filles, un peu ralenties du bulbe.", ou la très belle phrase "éboueur international". Lorsque je lisais ce bouquin j'ai eu l'impression que Jim est une personne qui pendant longtemps se construisait des objectifs, des plans pour sa musique, pour le sexe, mais pour le très court terme. Et une fois satisfait, il est animé par une irrépressible force peut être une forme jouissance qui le conduit à détruire ce qu'il construit. Il crée puis détruit. Comme si l'une de ces actions appelait forcément l'autre. Il se fait un nom mais le déteste. Il se marie mais divorce quelques temps après. Il crée un groupe novateur mais il est détruit. Ce n'est qu'au crépuscule de sa vie qu'il décide de naître (il a reformé son groupe, il a fait évolué son style : Préliminaires son dernier album qui vient de sortir est jazzy).
Mais jeune, il poussait ce processus jusqu'à l'extrême, en sombrant dans la drogue avant que David Bowie ne le sauve, qu'il désigne d'ailleurs son meilleur ami et sauveteur, avec qui il reconstruira provisoirement sa carrière en donnant lieu à de très bon singles (Midnight Dancing, China Girl, et beaucoups d'autres).
Pour vous résumer l'histoire, c'est un enfant de détroit qui a vécu dans une roulotte. Comme chacun le sait cette ville est un haut lieu de construction de l''automobile US. Il a donc baigné dans ce bruit métallique, de ferailles qui s'entre-choc qui font des étincelles pour donner formes à ces formidables engins. Il grandit tout jeune avec ce feu qui le brûle de l'intérieur, son orgueil. Il décide de se donné à la musique, comme la dernière des putes. Il se laisse dévoré par sa musique et surtout par ce qu'il essaie de transmettre par sa musique : j'ai l'impression qu'il voulait absolument et plus que tout qu'on le remarque. Il parle d'ailleurs d'un épisode extraordinaire où il se retrouve à jouer quelques morceaux très crûs dans un concert hyppies (où on apprend que les fameuses groupies s'y donnaient rendez-vous pour se faire poinçonner : à défaut de pouvoir se taper le leader du groupe, elles se rabattaient sur les musiciens et parfois pour les plus désespérées sur un journaliste de Rolling Stone). Il jouait donc de la guitare devant ces hyppies qui l'ont accueuilli avec un silence complet (ces moutons-là attendaient peut-être que quelqu'un applaudissent pour en faire autant). Mais non. Rien ne se passait, il se mutilaient provoquait le public, se jette sur eux pour se retrouver au sol ensanglanté par sa chute. Il disait clairement que leur indifférence le rendait dingue et là, mes chéries on met le doigt sur ce qui le caractérise. Toutes réponse est bonne à prendre tant qu'il crée une intéraction avec son public, bonne ou mauvaise, Iggy veut être vu.
Pour conclure, je conseillerai ce bouquin pas très long qui permettrait d'avoir un point de vue sur une partie de l'histoire de la musique du siècle précédent. Un point de vue cokainée de cet animal baiseur, moqueur, qui cède à toute forme de provocation. Ses misères, son égocentrisme, sa fureur stérile, ses vices le rendent attachant. Je pense particulièrement à sa conception de "l'étoffe des héros". J'ai une certaines affection pour ce petit bouquin, qui fait figure de vraie petite lucarne de liberté en ces tristes temps où la liberté de certains commencent de plus en plus souvent, hélas, là où s'arrête celle des autres.
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