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< huck | 21st Century's Dark Huckleberry Finn
Saturday 15 November 2008, a 10:18
Les incendiaires de Patrick Artus, un résumé de ma voisine
 

J'ai une voisine, Malika, qui habite pratiquement à la porte d'en face qui fait des études de finance. Elle m'a donné un résumé concernant un livre qu'elle a lu.
Je le publie ici car je le trouve intéressant :

Les incendiaires patrick artus

Introduction
Pourquoi critiquer les banques centrales ?
 En ayant choisi comme objectif principal l'inflation targeting  (  comportement de la banque centrale qui cherche a contrôler  l'inflation future telle qu'elle le prévoit elle-même) les banques centrales ( en particulier la BCE) tombent dans le champ de la critique.
Les reproches faits à la Reserve fédérale américaine sont d'une autre nature. En effet les économistes accusent la Réserve Fédérale de ne pas avoir vu monter les dangers et par conséquent d'avoir laissé naître des bulles de spéculations qui traduisent l'importance de l'endettement des acteurs de l'  économie.
L'économie Américaine a connu trois crises graves dans les quinze dernières années et dans ces crises l'absence de réaction de la Réserve Fédérale à la hausse des prix des actifs et la hausse de la dette est dû au fait que ces évolutions s'accompagnent d'une absence d'inflation. Or c'est bien sûr l'inflation qui est au centre des préoccupations des banques centrales.

Pourquoi les Européens sont-ils fâchés avec l'euro
L'amélioration de la situation du marché du travail est loin d'être atteinte. En effet pour l'ensemble de la zone euro le taux de chômage chez les moins de 25ans est de 13%. Même s'il est vrai que le faible emploi a beaucoup de causes (règle du marché du travail, pression fiscale et coûts salariaux élevés), i. e est surtout provoqué par la faiblesse de la faiblesse de la croissance dans la zone euro qu'elle résulte des effets de la mondialisation. Les effets  négatifs de la mondialisation sont donc aussi au cœur des préoccupations des européens. Leur frustration est accrue d'une part parce qu'ils observent une hausse très rapide des profits des entreprises alors que les salaires stagnent.
Enfin les européens ont une 3ème préoccupation majeure : les effets du vieillissement sur leur niveau de vie ainsi ainsi que sur le maintien des systèmes de retraites et de protection sociale avant même que le processus de vieillissement commence les déficits de la zone euro sont déjà excessifs et que de surcroît la concurrence fiscale de la part des pays d' Europe centrale interdit toute hausse de la pression fiscale dans les pays de la zone euro ?
Les citoyens de la zone euro sont convaincus du fait que les délocalisations vont se poursuivre parce que l' euro est trop fort. Le passage à l'euro est aussi accusé d'avoir favorisé de fortes hausses de certains prix et donc d'avoir contribué à la perte du pouvoir d'achat. Afin d'expliquer ces différences de perceptions l'auteur choisit de faire un bref retour en arrière en se demandant pourquoi y-a-t-il des banques centrales et quelles étaient à l'origine leurs fonctions.

Pourquoi y-a-t-il des banques centrales ?
Au début les objectifs des banques centrales étaient bien différents de ceux qu'elles ont aujourd'hui
Leur fonction principale était d'emprunter pour le compte de l'Etat. L'émission monétaire devient le mode de financement commun.
L'orientation des banques vers la facilitation du commerce et des échanges par la création de la quantité de monnaie fiduciaire apparait plus tard. Au 19ème siècles les banques centrales se tournent toutes vers la fonction de création monétaire.
Parallèlement se développent deux nouvelles fonctions : l'escompte ( paiement en billet de banque de créances présentées à la banque centrale) et la fonction de prêteur en dernier ressort : il s'agit de la nécessité pour la banque centrale de réapprovisionner en actifs liquides les banques commerciales qui en manqueraient. Cela suppose aussi la nécessité de superviser ces banques commerciales pour éviter que l'existence du prêteur e dernier ressort les conduise à prendre des risques inconsidérés.
Une autre évolution importante du 19ème siècle réside dans le fait d'une centralisation de l' émission monétaire au sein d'une seule banque centrale dans les Etats Fédéraux. Il s'agit d'être capable de contrôler la circulation monétaire et d'éviter les crises bancaires.
La dernière phase contemporaine commence en 1957 elle consiste en un retour progressif à un modèle d'indépendance des banques centrales axé autour du contrôle de l inflation.
Ce retour en arrière sur plus de 3 siècles par Patrick Artus nous a permis de voir une chose essentielle qui est que les banques centrales n'ont pas été crées dans leur format actuel ( inflation targeting) mais plutôt pour améliorer le fonctionnement de l'économie et pour éviter les crises financières.

Chapitre 1 -La genèse des banques centrales contemporaines : pourquoi cette concentration sur le  risque inflationniste

Le modèle le plus répandu d'organisation des institutions monétaires est une banque centrale détachée du pouvoir politique, libre de ses décisions et s'occupant essentiellement de stabiliser l'inflation à un niveau faible. Ce modèle en Europe au Japon et dans les pays émergeants.
La situation de la Reserve Fédérale aux Etats Unis est différente : s'il est vrai qu'elle est indépendante elle doit néanmoins convaincre le congrès de la justesse de sa politique. Par ailleurs elle a aussi un objectif de soutien de la croissance.
L'indépendance consiste en le fait qu'elles choisissent l'orientation de la politique monétaire (la fixation des taux d'intérêt à court terme) tout en maintenant l'inflation à un niveau faible.

L'environnement inflationniste des années 1970-1980
Les chocs pétroliers des années 1973-74 puis 1979-80 ont eu des effets dramatiques sur les économies des pays occidentaux. Tous les agents économiques ont subi une perte de revenus en termes réels en raison de la hausse du prix de l'énergie. Ce qui frappe surtout les analystes c'est la poussée de l'inflation et des coûts salariaux. Ramener l'inflation à un niveau raisonnable a  ensuite un coût économique et social considérable. Il a fallu bloquer les hausses des salaires, comprimer la demande e maintenant des taux d'intérêt réel très élevés ce qui a conduit à déprimer l'investissement et a fais prendre un retard considérable à l'économie Française. On comprend que cet épisode que les Français ont appelé la désinflation compétitive( politique de dépréciation de la demande intérieure accompagnée d'un taux de change surévalué) soit laissé de mauvais souvenirs.

Une politique « crédible »
Le raisonnement est simple : si les agents économiques privés (entreprises  et ménages) pensent que la banque centrale peut être de le laisser réapparaitre dans le futur se déclenchent des anticipations inflationnistes. Lutter contre l'inflation devient alors très couteux car il faut agir sur l'inflation et aussi sur les anticipations d'inflations. Pour éviter les coûts associés à cette stratégie un dispositif institutionnel où les banques centrales sont indépendantes et uniquement en charge du contrôle de l'inflation a été mis en place. En effet on comprend que si les banques centrales sont aussi en charge de la stimulation de la croissance et de l'emploi elles peuvent être incitées à s'autoriser une dose d'inflation. Les citoyens peuvent néanmoins avancer deux reproches légitimes :
         -l'absence de contrôle démocratique
         -l'utilisation d'un objectif de politique économique très différent de l'objectif social puisqu'il n'inclut pas la résorption du chômage.
Aux USA la Reserve Fédérale décide librement de la politique monétaire mais le congrès peut à tout moment changer les statuts de la Reserve Fédérale. Son mandat identifie  3 objectifs pour la politique monétaire aux USA : d' abord, l'emploi maximum ; ensuite des prix stables ; enfin les taux d'intérêt stables à long terme. Mais tout dépend de l'interprétation qu'en propose le responsable. A cet effet Ben Bernanke soutient qu'il suffit juste d'assurer la stabilité des prix car les objectifs de stabilité des prix et d'emploi maximum sont complémentaires. Il n'y a donc pas lieu que la Reserve Fédérale poursuivre explicitement les 3 objectifs qui lui assignent son mandat. Son argumentation est juste sauf qu'elle omet d'évoquer le rôle qu'a joué la focalisation des banques sur le contrôle de l'inflation. Les frappes préventives n'ont donc plus aucune raison d'être dans les années 2000 car on est plus dans le même contexte.

L'objectif monétaire
Une autre caractéristique de la pratique de la politique monétaire mise en place par de nombreuses banques centrales est l'utilisation d'un objet intermédiaire de croissance monétaire. Son choix résulte de la théorie monétaire habituelle : si à court terme, il y a un arbitrage entre inflation et croissance, à long terme l'inflation est un pur phénomène monétaire déterminé par la croissance de la quantité de monnaie. Une croissance plus rapide de la monnaie (crédit) est donc  d'après cette théorie, un indicateur avancé de l'inflation. La BCE a ainsi défini un pilier monétaire c'est-à-dire une progression plus rapide du crédit ou de la masse monétaire la conduit à passer à une politique plus restrictive.
Une réaction de la politique uniquement de moyen terme
Le corpus théorique défini pour les banques centrales dans les années 1980 affirme que la politique monétaire n'a que des objectifs de moyen terme (cela inclut la réaction aux évolutions monétaires). Ceci inclut aussi la réaction aux évolutions conjoncturelles de court terme. La BCE plaide pour que la politique monétaire n'ait pas de réaction contra-cyclique visant à lisser l'activité économique à court terme. Ses arguments sont que d'une part si la banque centrale réagit aux indicateurs économiques de court terme elle accroit les risques de se tromper ; d'autre part l'économie européenne de court terme. Ses arguments sont les suivants : si une banque centrale réagit aux indicateurs économiques de court terme elle accroît le risque de se tromper ; d'autre part l'économie européenne était caractérisé entre autre par une faible flexibilité des marchés des biens et du travail, une action contra cyclique de la politique monétaire conduirait à l'inflation. Cette argumentation est contestée par P. Artus.
Les banques centrales ont-elles jamais été crédibles ?
Ici le sens de la crédibilité serait de casser les anticipations d'inflation puisque les agents économiques privés ont certains que la banque centrale ne laissera jamais réapparaître l'inflation. Lorsqu'une banque centrale est crédible, si elle doit augmenter les taux d'intérêt à court terme à cause d'un risque d'inflation, les taux d'intérêt à long terme ne doivent néanmoins pas bouger puisque les agents économiques privés n'anticipent pas que l'inflation puissent persister à long terme. Cela semble bien contradictoire avec le fait que la BCE au début de son existence était crédible.

Chapitre 2. Le monde est devenu différent, pas la philosophie des banques centrales

Le choc des pays émergents
Les nouveaux venus sur la scène économique mondiale durant les années 1990 sont de grande taille, ont des réserves importantes de main d'œuvre et leurs coûts salariaux vont rester encore très bas longtemps. Les pays « avancés » de l'OCDE vont donc être confrontés pendant plusieurs décennies à la concurrence de pays émergents où les couts salariaux sont faibles. Ces pays se spécialisent dans la production de bien peu sophistiqués mais aussi dans celle de B&S sophistiqués car la qualité de l'éducation y est bonne. Les pays de l'OCDE sont donc concurrencés sur toute la gamme de leurs produits y compris les nouvelles technologies. De plus les pays émergeants surinvestissent et constituent des capacités excédentaires. La présence d'excès de capacité conduit d'une part à des baisses de prix et d'autre part au besoin d'exporter massivement vers les pays avancés pour faire monter le taux d'utilisation des capacités.
 L'apparition des émergeants correspond à un double choc :
                         - une forte hausse des capacités de production
                         - une forte hausse des ressources en main d'œuvre

Les effets sur les pays avancés
Les prix des produits concurrencés par les pays émergeants ont baissé
Il y a contagion salariale entre l'industrie et les services, entre les secteurs soumis à la concurrence des pays émergeants et les autres.
Le premier effet de l'apparition des émergents est donc désinflationniste. Le second effet est le transfert de capacité de production des pays avancés vers les pays émergents.
L'Allemagne a tenté une stratégie pour faire face à l'émergence des pays asiatiques cette stratégie consistait à faire apparaitre une économie de bazar : les entreprises allemandes importent massivement des pièces, des composants depuis les sous-traitants externalisés, les assemblent puis les estampillent « made in Germany ». Néanmoins l'effet net sur l'économie allemande de cet effort de compression des coûts et d'externalisation n'est toujours pas clairement positif tant il y a eu freinage des revenus salariaux et poussée des importations.

Une faiblesse cachée
La panne de croissance est encore occultée grâce à 2 facteurs qui ont servi de stabilisateurs. D'une part, la grande majorité des pays avancés est passé à des politiques budgétaires stimulantes. D'autre part la hausse de l'endettement des ménages a soutenu une demande qui devrait s'être beaucoup plus affaiblie avec la perte des emplois et la compression des salaires c'est donc la hausse de l'endettement des ménages qui a caché les vrais effets de la globalisation sur la croissance car elle se manifeste par l'achat de logement par les ménages. Ce besoin pourra être saturé.

L'inflation, un phénomène du passé ?
La concurrence accrue des pays émergents pousse à la baisse des produits concurrencés par les émergents et en raison de la contagion salariale, l'ensemble des prix. Il est donc difficile de penser que tant que les coûts salariaux dans les pays émergents sont faibles, l'inflation puisse menacer dans les pays avancés. Il reste bien sur de l'inflation sous jacente i. e qui ne comprend pas le prix de l'énergie et de l'alimentation oscille autour de 1,5%. La différence est due à la hausse des prix du pétrole. Hors cette hausse n'est pas de l'inflation selon l'auteur il la qualifie de hausse du prix relatif du pétrole par rapport à l'ensemble des B&S qui reflète la rareté du pétrole. Il n'y a donc aucune justification au fait que la BCE monte ses taux d'intérêt quand le prix relatif du pétrole augmente. La Réserve Fédérale pour sa part ne prend en compte que l'inflation sous jacente. De plus en ce qui concerne la hausse des prix des services à 2,5% dans la zone euro on constate que l'inflation n'est pas en cause mais les économistes désignent plutôt un phénomène appelé effet Balassa-Samuelson comme responsable. Cet effet traduit un mouvement du prix relatif des services pour cause de productivité naturellement plus lente. Y repérer un facteur inflationniste à l'instar de la BCE constitue une erreur grave. On peut donc en conclure que le fait que la « vraie » inflation est inférieure à 1%. L'inflation monétaire a été éradiquée par l'arrivée des pays émergents.

La mondialisation de la production des B&S
Les banques centrales se basent sur l'évolution de variables endogènes comme la demande intérieure, le crédit et l'emploi pour tirer des conclusions sur l'évolution de l'inflation. Le crédit progresse plus vite ; la demande des ménages s'accroit ou encore le chômage baisse toutes ces évolutions sont susceptibles de provoquer un retour de l'inflation. Or cette analyse n'est pas juste car nous ne sommes plus dans des économies fermées. En réalité les liens entre crédit, demande, emploi, inflation et salaires se sont énormément distendus dans les grands pays de l'OCDE. Avec l'ouverture des échanges et la concurrence avec les pays émergents, la réactivité des importations, la capacité à satisfaire les hausses de la demande intérieure par les importations sont devenues impressionnantes.

Pourrait-on revenir à une économie inflationniste ?
Certains avancent que des mécanismes inflationnistes pourraient se réenclencher. La première piste est celle de la fin de la globalisation. La disparition de l'inflation est due à la globalisation des marchés des B&S et des marchés financiers. Le protectionnisme économique et financier changerait totalement cette logique. Il serait destructeur pour les pays qui le mettrait  en place.
La seconde piste est celle d'une inflation venant des prix des services protégés de la concurrence internationale. On se dit effectivement que la concurrence des émergents ne peut pas modérer ces prix. Mais cette piste provient d'un exemple du Royaume Uni or le fait que ce pays possède une économie très particulière on ne peut donc généraliser cette piste. Il nous semble ainsi qu'il n'existe pas vraiment de piste crédible ( protectionnisme, généralisation du modèle britannique) conduisant à croire au retour de l'inflation.
 Pourtant, les banques centrales n'ont pas modifié leurs techniques d'analyse
On devrait en principe ne plus entendre les banques centrales commenter les évolutions des prix, des salaires, sur une base purement nationale ou régionale, ni craindre que les reprises de l'activité conduisent à des reprises d'inflation. Or toutes les banques centrales tombent dans ce travers.
La Reserve Fédérale mène une analyse sur des bases strictement domestiques comme si les Etats Unis sont seuls au monde pour la Reserve Fédérale.
La BCE a aussi remonté ses taux directeurs à partir de 2005 à cause de quelques indicateurs plus favorables d'activité dans la zone euro. Or on l'a déjà vu la croissance de la zone est largement due à la hausse de l'endettement des ménages. Pourtant la BCE menace depuis la mi 2006 d'un durcissement. Elle ne semble donc pas intégrer la rupture entre évolution de la demande intérieure i. e tension sur l'appareil productif et inflation.
La question de l'inflation totale et la question de l'approche monétariste
La croissance de M3 (ensemble de liquidités) et du crédit au secteur privé est très rapide ce qui fait peser la menace du retour de l'inflation. Pourtant à l'intérieur de l'économie européenne elle-même les fluctuations de la croissance de masse monétaire sont liées aux variations des choix de portefeuille des agents économiques : une croissance plus rapide de M3 n'indique pas nécessairement que plus tard la demande de biens sera stimulée par la disponibilité de ces liquidités abondantes et qu'il en résultera un excès d'inflation.
La progression de la demande n'annonce donc pas du tout le retour de l'inflation. Cela reflète bien l'absence de prise en compte des développements économiques contemporains.
Les banques centrales considèrent qu'elles doivent réagir à l'accélération de la distribution du crédit en durcissant la politique monétaire puisqu'elle annonce un retour de l'inflation. Cela étai vrai il y a 20ans mais dans les économies contemporaines, le supplément de crédit se porte sans aucune difficulté sur les produits importés et ne génère ainsi aucun risque inflationniste domestiques. La causalité la plus probable devient alors : hausse du crédit entraîne une hausse des importations et donc un déficit extérieur. Il faut reconstruire l'approche monétaire.

Chapitre 3- Que sommes- nous en droit d'attendre des banques centrales contemporaines ?
La crédibilité ne consiste plus à assurer les agences économiques privés que l'inflation ne peut pas revenir, mais à donner à ces agents les lignes de la conduite de la banque centrale face aux problèmes contemporains qui sont : faible croissance, hétérogénéité, risque de déflation, inflation des prix des actifs.

Problèmes structurels et politique monétaire
Pour les banques centrales, la politique monétaire n'a pas de lien avec les politiques structurelles qui sont du seul ressort des gouvernements. A elles revient l'objectif de stabiliser l'inflation à moyen terme
La baisse du déficit publique s'est faite par une baisse considérable des dépenses publiques de 72%à 60% du PIB.
Pour redonner des marges de manœuvres à la politique budgétaire il faudrait injecter plus de ressources dans la recherche, l'éducation supérieure. Cela pourrait être possible en réduisant les dépenses de transfert et de salaires. Le danger est évidemment que cette réduction des dépenses publiques n'entraine une contraction de l'activité économique. D' où la nécessité de soutenir les politiques structurelles par une expansion monétaire. Le point crucial est donc d'assurer la coordination entre les politiques monétaires et les politiques de réformes structurelles.
On peut donc dire cette définition étendue de l'indépendance de la banque centrale exclut la coordination entre politique monétaire et les politiques structurelles dont nous venons de montrer l'importance.

Hétérogénéité des zones monétaires
L'hétérogénéité des taux de croissance d'inflation vient largement des situations sectorielles de chaque zone monétaire.
On appelle canal de transmission de la politique monétaire le mécanisme à travers duquel la politique monétaire influence l'économie. Le plus habituel passe par le crédit bancaire i. e la hausse des taux d'intérêt à court terme conduit à accroissement des taux d'intérêt des crédits ce qui provoque une baisse de l'investissement et donc une baisse de l'économique.
La baisse de taux d'intérêt a ainsi provoqué un « boom » immobilier dans les pays où les taux d'intérêt des crédits hypothécaires sont liés au taux d'intérêt à court terme.
A long terme, on peut espérer que l'intégration bancaire dans la zone euro facilitera le rapprochement des pratiques en matière de crédit.

Transparence

On appelle  «  transparence » d'une banque centrale le fait qu'elle communique aux autres agents économiques l'information dont elle dispose. Il existe plusieurs types de transparence : sur ses objectifs, son analyse du fonctionnement de l'économie et sur ses prévisions. La BCE est souvent perçue comme une banque centrale peu transparente.
Que penser de l'utilité de la transparence quant aux décisions futures des banques centrales ? Elle a l'inconvénient de leur « lier les mains » car il leur devient plus difficile de dévier d'une politique qui a été décrite à l'avance en cas d'évènement exceptionnel. Il nous semble que, pour une banque centrale, entretenir le « mystère » sur ses actions est une erreur. Une banque centrale réellement transparente. C'est une banque centrale qui décrit d'une manière convaincante sa vision du fonctionnement de l'économie et qui annonce autant que possible ses actions futures.
C'est pour cela qu'il ne faut pas de confondre transparence et prévisibilité.
Risque de déflation
Il peut paraitre très curieux d'évoquer le risque de déflation alors que l'ensemble des banques centrales s'inquiète du possible retour de l'inflation et que depuis 2002, les prix des matières premières augmentent très rapidement. Mais il faut rappeler ici que le risque de déflation existe toujours.

Prix des actifs, crédit, risques financiers
Les banques centrales ont produit une série d'autres arguments pour explique qu'elles ne pouvaient pas ou ne devaient pas contrôler les prix des actifs.
D'abord, qu'elles ne savent pas mieux que les marchés ce qu'est le « bon » prix des actifs.
Un autre argument est lié au comportement « d'aléa de moralité » : les banques centrales assurent les détenteurs des actifs contre le risque de variation de ces prix.
A nouveau, cet argument a du sens dans le cas des actions,  pas celui de l'immobilier résidentiel qui n'est que marginalement un investissement financier à risque.
Le dernier argument mis en avant par les banques centrales est que les prix des actifs ne sont pas contrôlables. L'auteur qualifie est ridicule car les prix des biens et services sont difficiles à contrôler pour une banque centrale du fait qu'ils dépendent directement du crédit.
Il nous parait tout à fait que les banques centrales devraient avoir un objectif, non de stabilisation mais de maintien dans les limites raisonnables des prix de l'immobilier cela afin d'éviter les crises bancaires, et le risque évident de déflation. 
La Reserve fédérale a expliqué que la réduction de l'inflation justifiaient un taux d'endettement des ménages plus élevé que dans le passé. Ce qui permettait à la banque centrale d'accepter une croissance plus rapide du crédit, correspondant au passage à un taux d'endettement admissible le plus grand.
Une action préventive contre les hausses excessives des prix des actifs est aussi nécessairement parce que ; lorsque les prix des actifs restent durablement élevés, les investisseurs institutionnels et les banques ont le temps d'accumuler des portefeuilles importants d'actifs achetés à un prix élevés ce qui leur fait courir un risque d'insolvabilité.
Une banque centrale transparente, au travers de la coordination des anticipations, conduit donc normalement à une plus grande homogénéité des anticipations de taux d'intérêt futurs, donc des variables qui dépendent des taux d'intérêt futurs.
Le choix de la présence optimale ferait donc apparaître un conflit entre l'objectif de stabilité des prix des biens et services et l'objectif de stabilité des prix des actifs et, en conséquence, de la production.
Les marchés dérivés sont initialement des marchés où on peut couvrir les risques liés à la détention de ces actifs sous-jacents.
Politique monétaire nationale et liquidité mondiale
Depuis dix ans, l'orientation de la politique monétaire mondiale a progressivement dépendu de moins en moins des politiques monétaires menées dans les grands pays mais plutôt de celles menées dans les pays émergeants. De plus il y a eu progressivement intégration des marchés financiers c'est-à-dire que les marchés financiers de différents pays ont dépendu petit à petit des politiques menées dans les autres pays.
D'autre part, les pays émergents se sont mis à accumuler de très importantes réserves de change en devises parce que ces pays ont des excédents commerciaux importants et de ce fait ils veulent éviter l'appréciation de leurs devises par rapport  au dollar afin de préserver leur compétitivité et leur capacité à exporter. C'est d'ici que vient le problème pour les banques centrales des grands pays : elles n'ont qu'une influence très limitée sur l'orientation de la politique monétaire mondiale.
L'équilibre des marchés obligataires, qui détermine les taux d'intérêt  long terme, dépend de la politique mondiale. On peut donc considérer que la BCE et la Reserve fédérale ne contrôlent que les taux d'intérêt à court terme. Ce sont les pays émergents et leurs banques centrales qui déterminent les conditions monétaires aux USA, et en Europe.

Décision en incertitude
Que doit faire une banque centrale si elle a de l'incertitude quant aux effets de la politique monétaire sur l'économie ?  La réponse traditionnelle est claire : elle doit être prudente c'est-à-dire réduire l'ampleur des variations de la politique monétaire.

Chapitre 4 Trois biais de comportements dangereux des banques centrales
  L'aversion chronique pour l'expansion monétaire et l'expansion du crédit
On peut s'interroger sur les raisons qui poussent les banques centrales à ne pas vouloir conserver une politique monétaire expansionniste : soit il y a asymétrie de fonctionnement des économies soit il y a asymétrie des préférences des banques centrales.
Pourquoi dans la période récente les banques centrales de la triade ont semblé très pressées de sortir d'une politique monétaire expansionniste ? les raisons traditionnelles sont connues: le maintien d'une politique expansionniste peut conduire à une perte de crédibilité avec remontée des anticipations d'inflations. De plus la seconde théorie dite de la « pâte dentifrice » dit qu'une fois que l'inflation est sortie de la « zone normale » il est difficile de la faire rentrer. 
Les dangers de « l'inflation targeting » pour la stabilité financière mondiale
Le ciblage d'inflation est un choix de plus en plus consensuel. Pour ce faire la banque centrale réalise elle-même des prévisions de l'inflation future à partir d'hypothèses d'environnement et en fonction de la politique monétaire qu'elle mène. L'idée de base est que le choix du ciblage d'inflation évite les déséquilibres monétaires et financiers de toute nature. L'auteur nous montre que ce n'est pas le cas.

Chapitre 5- A quoi ressemblerait une banque centrale « moderne »

Une organisation institutionnelle très particulière et ses justifications théoriques
L'organisation institutionnelle monétaire choisie dans la plupart des pays est dite particulière car une banque centrale indépendante se trouve en charge uniquement de la stabilisation des prix. Aucune autre institution publique n'est indépendante il faut des raisons très fortes pour prendre une seule de toutes ces politiques et la confier à une institution indépendante du parlement et du gouvernement.
L'indépendance va de pair normalement avec le fait de rendre des comptes. Mais dans le cadre de la BCE les interventions de son président brillent de par leur maigre contenu informatif.
L'objectif de stabilité des prix d'une banque centrale indépendante ne correspond pas à l'objectif social qui peut être défini comme l'objectif économique qui inclut le plein emploi, une croissance forte, une faible inflation ainsi qu'un un déficit public et une pression fiscale supportable. Cette défaillance génère donc des coûts d'absence de coordination entre les politiques.
 Les banques centrales telles qu'elles sont conçues ne sont plus adaptées. Il faudrait au contraire inventer des institutions qui évitent la concurrence stérile par les coûts de production et les déficits publics excessifs.
 Au total, l'argument selon lequel les banques centrales indépendantes sont un rempart contre les biais de comportement inflationniste des gouvernements paraît être devenu très difficile à défendre.
Comment mener les politiques monétaires dans un environnement sans inflation
Si le taux de change ne peut pas être l'objectif concurrent du taux de croissance, il reste les prix d'actifs et le crédit. En l'absence d'inflation, on pourrait donc très bien imaginer pour les banques centrales un objectif mixte inflation/crédit- prix de l'immobilier.
En quoi pourrait consister la responsabilité des banques centrales ?
La responsabilité consiste en ce que la banque centrale rend compte de ses décisions, de sa performance auprès des autorités publiques et est pénalisée si sa performance est mauvaise. Cette pénalisation peut prendre diverses formes : remontrances publiques, changement des équipes dirigeantes, éventuellement pénalisation financière. La responsabilité implique donc de ce fait que l'objectif de la banque centrale soit défini en accord avec le gouvernement ou le parlement et que la banque centrale dispose de l'indépendance sur les instruments.
On voit donc se dessiner l'organisation institutionnelle souhaitable et cohérente pour les banques centrales : elles sont indépendantes dans l'orientation de la politique monétaire mais pas pour le choix des objectifs de la politique monétaire : elles sont transparentes et responsables.

Conclusion : si rien ne change, quelles perspectives ?
Ce qui précède montre ce que seraient les caractéristiques d'une banque centrale idéale. Mais selon Mr Artus il ne faut pas trop être optimiste parce que en réalité les banques centrales vont continuer à fonctionner comme aujourd'hui. Par exemple il impossible dans l'UE à 27 de modifier le statut de la BCE ou le traité de Maastricht. De son côté même si en théorie la Reserve fédérale a une multiplicité d'objectifs, elle considère qu'il lui suffit de stabiliser les prix pour réaliser les autres objectifs.

Un risque d'éclatement de l'Euro ?
Le fait que, à l'intérieur d'une union monétaire, il y ait des différences de croissance et d'inflation entre les régions n'a rien de choquant ou d'étonnant. Cela provient du fait que ses régions se sont spécialisées de manières diverses. Cette hétérogénéité, liée à la nature des industries dominantes dans chaque Etat, se retrouve aussi dans la zone euro.
Mais il existe 2 caractéristiques de la zone euro qui font qu'il ne s'agit pas d'une « vraie » union monétaire et qui rendent l'hétérogénéité économique grave. D'abord, l'absence de ce qu'on appelle « fédéralisme fiscal », c'est-à-dire d'impôts, de cotisations sociales, de dépenses publiques, de transferts sociaux reçus ou dépensés au niveau fédéral. Un degré élevé de fédéralisme fiscal implique la correction des chocs spécifiques aux régions. La seconde particularité de la zone euro est la très faible mobilité du travail de ce fait il n'existe pas de migrations de régions à chômage élevées vers celles à chômage faible.
Ces anomalies de fonctionnement peuvent-elles conduire à un éclatement de la zone euro ? On sait que les coûts pour un pays qui sortirait de la zone euro seraient gigantesques. De plus la sortie de l'euro d'un pays ferait réapparaître des anticipations de variation des taux de change.

Vers la multiplication des crises « à la japonaise » ?
Les banques centrales doivent agir préventivement pour éviter les évolutions qui peuvent déclencher des crises économiques :
Hausse excessive des prix des actifs en particulier des actifs immobiliers
Hausse excessive des taux d'endettement
Evolutions (déficits extérieurs, afflux de capitaux) qui peuvent conduire à des variations brutales dans le futur des taux de change.
Les expériences du passé montrent que les dépréciations rapides du change génèrent aussi des récessions. Le recul de l'activité vient de la perte de revenu réel due à la hausse des prix des importations liée à la dépréciation du change
Les dangers de l'inflation targeting dans les pays émergents sont évidents. En effet les banques centrales se sont concentrées sur le contrôle de l'inflation ce qui a provoqué une appréciation du taux de change accompagnée d'un risque de dépréciation.
Les banques centrales devraient avoir dans leur mandat une mission de protection des agents privés contre les risques financiers majeurs.

Crise boursière dans les pays émergents
La BCE ou la Réserve Fédérale ne peuvent rien aux effets sur la liquidité de l'accumulation de réserves de change en Asie. Le renouveau des banques centrales passe donc par la coopération monétaire internationale. C'est pourquoi il faudrait une surveillance de la part des banques centrales d'une création monétaire adapté aux besoins de l'économie ainsi qu'une promptitude à réagir aux crises bancaires.
Plutôt que de s'attacher au contrôle de l'inflation, alors que la globalisation a largement fait disparaitre le risque inflationniste il faudrait que les banques centrales se posent les questions suivantes : quelle est la bonne quantité de liquidité ? où sont les risques ? comment réagir à temps aux crises ?
Mais le renouveau des banques centrales ne peut se faire de manière efficace sans celui de la coopération monétaire internationale, dans un monde globalisé où la liquidité, les financements, les biens circulent librement.

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Presentation
Huck était au départ la réincarnation numérique de Huckleberry Finn, le célèbre personnage qui traverse le Mississipi avec son ami Jim. Il avait remplacé sa rame par une souris optique et a commencé à traverser les flots de bits qui transitent dans ce fleuve, lit d'une hyper réalité, qu'est internet en donnant son point de vue sur tout.
Fondamentalement généreux, défendant les malheureux du monde, qu'ils viennent en cargot ou pas, qu'ils meurent sous les bombes ou non, et ce, durant plus d'une année.
Jusqu'au jour où il se rend compte que ses bons sentiments n'ont jamais sauvé personne et qu'une entité noire, qu'il a jusqu'à là retenue le séduise. Après de nombreuses trahisons, désillusions, il comprend qu'en devenant intelligent, il se condamne à être triste.
C'est alors qu'un dernier sursaut, condensé par une énergie nouvelle, pétrie d'orgueil et du matérialisme le plus profond le transforme en une autre personne. Ce qu'il n'était pas sera maintenant sa nouvelle forme.
Il devient < huck.

Se complaisant dans sa noirceur et ne faisant confiance à personne si ce n'est à son propre potentiel, il prend le contrôle de ce blog puis se sert de son alter ego Huck comme caution de son égoïsme, de sa haine qui le nourrit, lui permettant de survivre et surtout de se surpasser.
Plus que jamais, ce que certains considéraient comme les mauvais traits de Huck, seront totalement exacerbés, et théorisés pour former < huck.

Son objectif n'est plus de dénoncer les injustices comme le faisait Huck mais devenir riche et écraser ses contemporains jusqu'à ce que leurs os traversent le sol. Cette haine décuple ses forces comme jamais.
En gagnant les élections inter résidence universitaire du XIIIe arrondissement de Paris, il devient " Le Baron du XIIIe arrondissement " en novembre 2008 en mettant à genou la plus grosse association d'étudiants de France (l'UNEF : 29,09% contre 70,91% pour sa liste).
Homme d'affaires, son réseau professionnel se tisse jusque dans le milieu politique.

Mettre le nom de son vieux père à une hauteur qu'il n'a jamais imaginée, et briser vos espoirs en concrétisant les siens sont devenus sa raison de vivre.

Bienvenue dans la face sombre du Huckleberry Finn du XXIe Siècle.

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comment(s)
Qui suis-je ? samudra (26/11/2009 16:42)

ha ouais ????!!!! fr...

Huck ou <huck ? <huck (08/11/2009 22:15)

Merci d'être pa...

Huck ou <huck ? samudra (08/11/2009 20:14)

un ptit coucou en pa...

Cinquante et une années d'indépendance ahmice (09/10/2009 17:49)

un blog interressant...

Une putain de bonne journée ! samudra (08/10/2009 15:59)

ha oui ..........qua...

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