I'
continue de m'regarder. Comme un char-clo, le stresse a creusé ses
tempes et fait proliférer ces couilles sous ses yeux. Ce sourire en
biais, la complaisance trop manifeste. Une petite cicatrice à
l'arcade sourcilière gauche, le blanc des yeux jaunis aux coins par
l'âge. La détermination du gue-din dans les yeux. Ils ont été
l'otage d'un corps en furie, qui a soulevé des trucs sales, atroces,
brutales, brulantes, et précipitées. Accrochés à ce corps
déglingué, une vieille 504 dépecée par des tanj' et posée là
sur un parking comme un crachat frais sur un trottoir.
Jean
ni délavé, ni large. A l'ancienne. Il porte le haut d'un survet'
vert froissé et noircit au col. L'aligattor.
« -
Tranquille ou quoi?
-
Normal.
-
Ta daronne elle taffe toujours à La Défense ?
-
Ouais. C'est la merde pour elle.
-
Qu'est ce tu fais ici ?! » Debout , la béquille entre mes
yeuz, elle va éjaculer des balles.
Les
ke-més autours rigolent comme pour saluer le De Niro qui le possède.
Parfait il aime trop faire le mec dare. Il s'demmerde pour qu'sa voix
claque au bon moment. Le “Qu'est ce” d'une crapulax, panthalon
ras les couilles, qui te bouscule et qui te disrespect : “ D'où tu
me regardes ?”. Rouillée par l'alcool et les soirées fatiguées
et froides d'embrouilles, de zyeutage dans ces halls sombres, ces
couloirs aigris, abattus, parfois électrocuté par un rail
d'enthousiasme stérile quand une note ou une rime nous faisait
croire ce qu'on aurait voulu être. Elle était dare ! Sa mère. Il
s'en sert comme d'un surin. Il discute avec oit, i' t'montre chaque
face de sa lame, gauche, droite, comme s'il la frottait contre un
quetru pour l'aiguiser, et puis sans prévenir, tchac ! C'fils de
pute te plante son silex dans le torax.
Il
s'asseoit maintenant pour réaclimater son cul.
Vanner.
Vanner pour passer le temps, on se passe le relais comme de la sess.
Les alliances d'une vanne se font pour se briser l'instant d'après
sans pitié. C'est comme ça qu'on parle de Ben Laden pour dériver
jusqu'au cul de Maréva Gallanter.
Sans
prévenir, direct, un ke-mé au fond se baisse et s'vesqui derrière
la porte. Parfait s'retourne et monte les marches à quatre pattes,
i' s'vesqui comme un Yougo derrière le mur à coté de la porte
d'entrée. Ca bouge brutalement sa mère.
Les
mecs de la BM ont coupé le son. J'mate. Une 306 grise métallisée
rentre dans le parking.
Une
Mondeo, une Laguna, ou une 306 avec quatre mecs à l'intérieurs,
blancs et de la meme tranche d'âge ca veut dire : BAC.
La
voiture roule normale, ralentie devant l'entrée. Tout le monde
reste en chien : je pose mon dos et tape un interrupteur. Et là,
tout le monde se retourne pour voir qui avait allumé la lumière.
J'm'écarte
légèrement du mur. J'entend seulement le bruit du moteur... Ils
veulent voir si quelqu'un va sortir du hall. Combien de temps il faut
pour que cette putain de lumière s'éteigne...
Le
gros du groupe était à l'étage au dessus, assis tranquillement sur
les marches attendant notre signe pour redescendre. Abdallah se
cachait derrière les escaliers de l'entrée : il y avait un espace
où on se faisait sucer quand on était gosse.
On
attend qu'ils passent. Les “blips” des talky walky. Ils vont
décoller. Ils repartent tout doucement pour finalement sortir du
parking et puis je lache : « Abdallah tu pues le sperme ! ».
Les mecs redescendent les marches en reprennent le relais. Parfait
retrouve son sourire en biais et se rasseoit sur son trone. « Vas-y
fais péter la 8-6, ramène un briquet chez oim... ».
Je
montais les escaliers pendant que les kho sortent, les mains dans les
poches, leurs têtes baissées comme des repentis ou des convertis.
Je saisis la poignée et la porte se laisse pousser. Il verrouille
jamais. Il y a rien à charat de toute façon.
J'entre.
Je vois un couloir sombre, et j'avance en tenant les murs. Je passe
despi à la cuisine. Le frigo est presque vide : un soda ouvert et
une boite de sardine déjà entamée. Rien à graille. C'était le
bordel, ça puait. Un pièce moite et inanimé. La crasse de la
poignée de figo me colle aux oides. Je mate larmoire pour attraper
un briquet.
J'en
trouve un près d'une pile de vaisselles dégueulasses. Avant de
sortir, je fais un tour aux chiottes : truc de ouf... Il avait des
toilettes de nazis. Tout était rangé manu militari et ça brillait
et rien ne dépasse... C'était presque un plaisir de chier dans la
cuvette en matant la flamme du briquet !
En
redescendant je m'disais qu'maintenant qu'ils sont partis, on est
tranquille pour au moins deux heures, le temps qu'il faut pour que
des feuilles séchées puissent pousser paisiblement entre nos mains
mordues par l'hiver : le banquet, sa mère ! L'un d'entre eux dit :
« Ouais
j'te disais qu'il engrange pendant qu'on se sert les fesses dans le
froid »
Parfait
laisse descendre la morve suspendue à un epais filet de bave
élastique, une extension dégueulasse de sa langue en regardant le
sol. « On a merdé ».
« Comment
ça ? », le mec dit ça avec une voix de victime.
« On
a faux sur toute la ligne...”
“De
quoi ?”
“ Combien
t'as d'voitures cramées chaque années ? 40 ? 50 ? », en
claquant son briquet.
« Combien
? »
« J'sais
pas... 3000 t'être... »
«
Et ils l'ont fait pour quoi au juste ? »
« Ben
fallait que ça sorte.. »
« Nique
sa mère la France de toute façon ! »
“ Quand
on déteste quelqu'un ou quelque chose, tu procèdes comme un
business man... Tu verrouilles ce qui doit être verrouillé et
ouvrir quand c'est nécessaire. Toi tu verrouilles tout... Tu fais
comme ces biatchs dans les clips qui chialent parce qu'elles ont
surpris leur mec avec une gamine... T'aimes la France comme une
femelle trompée...»
« On
s'en bat les couilles de où est ce qu'on t'enterrera... J'te parle
bien d'l'endroit où tu vas passer les 90% de ce qui t'reste à
vivre... Tu sais c'que f'rait un mec qui la déteste vraiment ? Il
gère le truc comme un salopard... »
Quand
Parfait commençait à parler comme aç, il n'est plus Parfait, il
devient Prophète. Abdallah perche son cul sur la BM et pose ses
pieds sur le pneu, comme pour se mettre à l'écart des émanations
de ces coyotes d'infortunes relativement légales.
« Un
vrai salopard au sang froid, c'est ce que j'aurai dû être... C'est
c'qu'on aurait tous dû être ici.
Un
mec qui s'occupe d'sa famille et qui baise l'Etat en silence. Qui
s'sert du système, qui fait semblant d'être dans le délire pour
mieux l'enculer derrière.
C'est
ça mec quand t'es business man. T'sais combien coûte chaque année
un élève en primaire pour l'Etat ? »
Trois
mecs pètent avec leur bouche, et Prophète :
« T'sais
pas ? Moi j'vais te le dire : cinq mille euros... Un truc de ouf hein
?.
T'es
au collège tu coûtes combien ? Tu sais pas ? Huit mille euros...
Par collégien, par an... T'es beau gosse à l'école tu te retrouves
au lycée, bim ! Dix mille euros ! T'as ton bac ? Bsahtek ! Sept
mille ! T'es à la fac, dix mille ! Attention, c'est par année hein
les gens ! »
Et
là, son sourire en biais refait surface, son regard de ouf est plus
déterminé que jamais.
Les
mecs se frottaient les mains, et sortent leur portable : «
T'as dit combien en primaire ?»...
« T'fatigue
ap, j'ai calculé pour vous : dans le meilleur des cas si tu r'tapes
jamais tu mets une facture de cent trente mille euros dans le cul du
président... Sans parler des alloc', des bourses qu'tu peux
gratter... Ta clio qui flambe dans le 20h c'est de la branlette...
Imagine, chaque bouffeur de mafé , de couscous , de ce que tu veux,
et qui ressemble pas à de la ratatouille taffent à l'école. Tu
multiplies avec les cent trente mille, et là ... »
“ Ouais
mais ce gent-ar on le voit pas... C'est pas c'qui va remplir le
réservoir... ”
“Ecoute,
j'ai pas finis. Moi j't'explique une stratégie, j'te parle pas de la
solution finale. Imagine ensuite que tous ces gens i' s'barrent du
bled, ... Tu vois ce que j'veux dire ?
« Vite
aif... »
« L'Etat,
il a claqué presque un million pour te former et tu te casses.”
«
En gros c'est comme si tu rackettais la France pour qu'elle te donne
un million d'euros pour les filer à l'étranger... »
Devant
cette stratégie mentale, il nous a fracassé la gueule contre le
trottoir. Le “finnish him” :
« Vérifie
google... T'sais maintenant ils bloquent les gens pour pas faire
d'études? Parce qu'ils s'ront plus assez cons pour voter pour eux.
Tu vois c'que je veux dire ? Si tu fais des études, tu dépends
plus de personne. Tu décolles, ils l'ont dans le cul. T'as y c'que
je veux dire ? Des connard comme toi et moi, i' zons darement besoin
pour dormir dans leurs postes. J'suis sûr que des suceurs de bittes
pass'ront dans les cités et taxeront aux gens à “quoi ça vous
sert le bac ?”... Après t'entendras les journalistes à la télé
“Les gens ils savent ap, ils s'en battent les couilles du bac ! »
Pendant
qu'il tire une latte et garde le gaz dans sa bouche pour ensuite
lacher une merde blanche compacte, j'pensais qu'il allait retourner
sa veste et prêcher pour une équipe politique. En scred, ce cramé
parle comme... une claque.
Une
épidémie de lèpre avait ravagé nos livret A ! Toutes ces familles
encastrées dans leur HLM, condamnées à entretenir le cholestérole
des proprios sans pouvoir espérer une seule seconde devenir
propriétaires de leurs trous... La plupart, au départ, avaient les
moyens de devenir proprio : ils se sont planqués dans leur HLM en
espérant faire des économies et pourquoi pas se payer un pav' avec
un jardin deuspi. Mais t'en as ils étaient plus motivés à faire
les beaux dans leur bled, en s'achetant une bête de villa pour y
poser leur cul deux mois sur douze. Le restant de l'année i' vivent
comme des rats, à faire la queue dans la superette la moins chère
sa mère, à recompter les centimes à deux pas de la caissière, à
taper dans le couscous des pauvres le vendredi à la mosquée, à se
lever tôt le jour des soldes, à charger le J5 ou le Traffic – ca
dépendait de l'usine dans où bossait le daron - de conneries pour
les revendre au bled. Fayssal esquivait toujours les préparatifs,
“c'est plus casse-couilles que le trajet”. Faire rentrer un tapis
sur la banquette arrière, blinder le toit, blinder le chariot
accroché au cul de la R25.
Tous
ces paquetages c'était pour compenser les dépenses des vacances
voir pour les plus tordus ou les plus souples à se faire un petit
bénéf'. Mais je pense qu'il fallait vraiment être malin : avoir
une caisse suffisamment dare pour la blinder mais pas trop pour pas
se faire avoir avec le coco, et prévoir un petit quelque chose pour
les douanes.
Parfois,
des daronnes discutaient avec la mienne, et elles leur disaient
qu'elles en avaient ras le cul du bled, écoeurées par la chiasse
des gosses pendant le trajet, les petites phrases mesquines de la
familles à l'arrivée qui les obligeaient par principe à cuisiner
pour eux matin, midi et soir. Nan franchement elles enviaient ma
daronne. Et chaque année c'est repartie. Tout ça pour quoi ? Pour
montrer à leur famille qu'ils ont “réussit”. Sauver les
apparences chaques années, à faire la queue au soleil en Espagne
pour embarquer, avec des merdeux qui ont eu la même idées que leur
père. Putain, quand on me parlait de ça, ça m'niquait rien que de
l'entendre.
Aujourd'hui
tous ces gens connaissent la tigresse, pris au piège par leurs
propres stratégies de merde, ils se sont fait plusieurs raisons.
Bandes de connard ! Ils pensaient que le bonheur était gratuit et
docile...
« Voilà
ce que ferait un mec qui déteste la France... Il se tape une
stratégie à long terme et il décolle. Quand tu crames une voiture,
t'encules des mecs qui sont dans la même merde que oit, tu prends le
risque de t'faire serrer pour une phrase dans les journaux. Ce bled
est de plus en plus peuplé par des vieux qui se chient dessus dès
qu'ils entendent parler d'un renoi près de chez eux. Ce bled il
vieillit : quoi qu'tu fasses les vieux sont plus nombreux que vous,
ils voteront pour le mec qui créera la plus grosse des zonzons du
pays, et les jeunes ils seront jamais assez nombreux pour voter pour
eux mêmes... C'est pour ça mec que j'ai arrêté de voter. Les
mecs de ma génération et la tienne on est tous des putes qu'on a
coincé au coin d'une rue qu'on aurait lavé, et lubrifié le trou de
balle avant de nous violer à p'tit feu. Tu vas taffer plus longtemps
qu'eux, tu vas cautiser pour eux, tu vas connaître la mouiz plus
qu'eux. Oublie les délires du genre « j'taffe cinquantes pijes
dans la même boîte». Tu vas t'fabriquer une roulotte. Tu baiseras
une roumaine un peu jolie et tu feras des gosses quand t'auras les
moyens... »
Il
re-tire une latte, il regarde le lampadaire et il crache en direction
de l'ampoule comme s'il espérait l'atteindre.
« Franchement,
on est prêt à mourir les yeux ouverts... »
En
entendant cette phrase, Prophète avale de travers et tousse
longuement.
« Comment
tu veux mourir les yeux ouverts, alors que tu vis les yeux fermés »
Pour
conjurer ce tableau, on rie mais c'était comme avaler sa salive
quand tu crèves de soif. Le mec qui parlait de mourir les yeux
ouverts avait maintenant un sourire figé: il regardait la scène
de loin, en tenue de camouflage.
« Nan
sérieux, méfiez-vous de la nouvelle génération de fils de pute
qui vient de sortir... Tu les vois partout. Internet, google, la
télé, la radio, les journaux... Partout mec ! Partout ! Tous les
jours ils te diront que ça va moins mal que tu l'penses. Et quand ce
sera vraiment la merde, t'auras personne d'autre vers qui t'tourner
que ces enculés !
Si
tu regardes bien, c'est des larbins qui ont pris la place d'une
ancienne génération de larbins. Tu crois quoi ? Le pays crève la
dalle pendant que ça shnouf, ça champagne, ça gala, ça
émissionne, ça baise entre eux... »
« Les
fils de putes... »
« T'inquiète
mec, va pas croire qu'ils sont mieux que oit... Ils ont autant la
dalle que oit, ils ont vu les même films que oit, ils ont les mêmes
délires que oit...
Franchement,
dis moi c'est quoi la différence entre la crasseuse que tu croises
le jour du marché avec sa daronne, et cette ministre ? Toutes les
deux elles mouillent pour les mêmes quetrus à base de un ou deux
briques ! Et toi ? Tu kifferais pas d'avoir la meuf dernier modèle
? »
Le
cul d'Alhassane sonne et il se retire derrière la BM.
« T'as
fait d'la prison ? »
« Comment
t'appelle un asile psychiatrique ? » en lachant un petit rire
aigüe auto-dérisoire.
Alhass
se retourne vers oim, et je lui demande avec qui il parlait au
téléphone. Il me dit qu'un pote a surpris Noémie, la soeur de
Ganvaldez à côté du Cléopâtre avec Kader.
Noémie
est une gamine overboostée de 16 pijes. Elle a des hanches étroites,
des seins lourds, une peau laiteuse, une tignasse noire, des yeux
bleux, et ce truc qu'ont généralement les portuguaises. Un truc qui
te donne envie de la dominer.
Avec
son jean remplie de cul, elle marchait souvent son portable rose et
blanc soudée à sa cervelle qui a du grillé depuis le temps...
“Franchement,
je comprend les jeunes qui se réfugient dans l'alcool, quand
l”avenir te fait pas bander, tu peux rendre ton envie de mourir
utile, tu t'inscris à Al Qaïda tu deviens kamikaz après une
formation, ça, ou te bourrer la gueule jusqu'à ne plus savoir qui
tu es ou ce que tu fais ici”
Ganva
était derrière, en me retournant je le voyais la main sur le capot
arrière, en train de serrer les dents.
« Elle
est au Cléopâtre avec Kader, elle est sortie de sa voiture, et ils
sont entrés ensemble c'est c'qu'il m'a dit... ».
« Attend,
attend, attend, ça fait combien de temps qu'elle est à l'intérieur
? »
« Ben
maintenant, ils viennent tout juste d'entrer » dit Alhassane en
me regardant.
Ganva
paraît moins crispé et il ajoute simplement :
«
Je vais lui faire bouffer ses dents à c'fils de pute... »
Avec
ce que venait de dire Parfait, la phrase d'Alhassane avait une drôle
de tonalité. Et c'est peut être ça qui a poussé Abdallah à dire
:
« Toi
aussi t'es un tocard, tu surveilles pas ta reuss... »
« A
c'tt'heure-ci, la tienne elle doit s'toucher devant Sex and the
City... mal baisée »
wech
! »? En voyant un sourire qui prenait forme sur mon visage,
Abdallah tente de me bousculer pour mettre une tatepa à Ganva. Mais
son bras s'écrase entre ma tête et mon épaule. Je vacille mais je
réussis à le repousser.
« Abdallah
calme oit, sa soeur elle est avec ce tox', on va prendre une voiture
et on la ramène »
« Je
vais lui baiser sa mère! » gueule Ganva. Impossible de savoir
s'il parlait d'Abdallah ou de Tarek.
« OK,
attend je vais demander à Pro... »
« Dis
à ce sale portos d'aller se faire enculer avec sa soeur, moi j'reste
ici ! », répond Abdallah.
« Wech
les jeunes qu'c'qu'c'p'sse »
« Nan
la soeur de Ganvaldez elle est avec un mec chelou et faut que tu nous
dépannes une voiture »
« Ben
prend celle-là, mais 'andak... »
« T'inquiète
j'te la ramène dès que j'aurai fini »
« T'as
cru quoi ? Dès que t'as fini tu la ramène et pas une balafre»
Parfait
dit un mot au mec assis du côté passager, pour voir deux colosses
sortir péniblement de la voiture.
Je
me retourne vers Abdallah :
« Alors
tu viens ou pas ? »
« Je
me mets devant si c'est toi qui conduis »

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