
Résumé de l'épisode précédent (cliquez ici)
De Villepin, disciple du seigneur déchu Shiraki plus connu sous le nom de Chirac mettait en place sa première stratégie communicative : il se servait de son livre "Le soleil noir de la puissance" sur la vie de Napoléon pour critiquer indirectement les dérives d'un pouvoir centralisé, exacerbées par le tempéremment du nouveau seigneur Sarkozy qui prône le changement d'ère ( nous sommes passés de l'ère Shiraki à l'ère « sans tabou » .
Après cinq années de guerres, il ne reste que désolation et division : les clans ancestraux sont victimes de leur propre division et l'ordre factice est remplacé aujourd'hui par le chaos de l'arrivée d'un seigneur chien fou.

La tête de Villepin était mise à prix, et de nombreux mercenaires le traquait inlassablement dans les dangereuses et obscures forêts juridiques. Replié sur lui-même, il n'a plus de levier... Plus de levier visible.
Quelques ninjas, en pleine quête identitaire ont renouvelé leur serment de fidélité à l'héritier du seigneur Chirac. Le conseil constitutionnel représente le dernier maquis de ces résistants.
Ce clan tient ainsi l'ultime poste de décision : ils ont les moyens de tempérer les dangereuses prétentions du nouveau seigneur.
A leur actif, l'anticonstitutionnalité du texte sur le crédit d'impôt, et aujourd'hui la loi sur la rétention des peines qui donnent le droit au gouvernement d'enfermer sur la présomption... de culpabilité (une personnes qui a purgé sa peine pourra être de nouveau emprisonné s'il est « potentiellement » considéré comme dangereux).
La loi ne sera applicable pas avant un certain nombres d'années (15 ans pour être exact, soit 3 quinquennats : le temps de changer de décor politique à moins que N. Sarkozy arrive a décrocher 3 mandats), et la rétroactivité de cette loi (afin d 'appliquer cette loi aux personnes qui sont déjà condamnés) jugée anticonstitutionnelle.
La porte est ouverte et De Villepin a semble-t'il réussi à semer les mercenaires : il est donc apparu ce samedi lors d'une interview, le temps de lancer quelques shurikens et disparaître aussi vite qu'il est apparu.
Il attaque sur plusieurs fronts :
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« Il faut être extrêmement prudent et ne pas jouer avec les mises en scène » : une attaque discrète à l'encontre de l'ennemi juré de son maître suffisamment flou mais suffisamment directe pour comprendre qu'elle peut être comprise sur plusieurs thèmes : toute l'histoire qui tourne autour de sa nouvelle geisha Bruni ; ainsi que ses récentes déclarations sur son nouveau projet d'obliger les écoliers de tenir la main d'un enfant mort (devoir de mémoire etc.).
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Il crache sur le nom du clan du nouveau seigneur de ces contrées : « Il n'y a pas d'UMP ». Pour ajouter, « l'UMP est libre » : cette contradiction n'est pas anodine. L'objectif est de reprendre la réthorique de N. Sarkozy lorsque jadis il contestait cordialement l'ordre du seigneur Chirac.
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Puis une attaque presque « samouraïesque » : « Evitons les mauvaises querelles : la laïcité [...], rétentions de la peine de prison ».
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Chassez le naturel, il revient au galop. Il réutilise ses techniques de ninja en apportant un faux soutient à l'UMP à Paris : cette discrétion contraste avec le constat claire et nette qu'il fait de l'ancienne administration « M. Delanoë a été un bon maire, Paris a besoin d'un nouveau souffle » (le nouveau souffle peut très bien être donné par cet ancien « bon maire »).
La journaliste sent l'ambiguïté et lui demande s'il allait voter pour Pannafieu : il lui répond « Je voterai locale, la personne la plus compétente ». Il se sert de la propre réthorique des UMPistes qui aujourd'hui se détachent du président pour ne pas souffrir des travers de ce derniers à l'occasions des municipales contre eux mêmes: aujourd'hui vous ne verrez aucune affiche aux municipales de la majorité arborer les trois lettres de la hontes.
Jusqu'à ce niveau-là de l'interview, le ninja est resté maître des attaques furtives. Maintenant vous allez voir ce dont il est capable une fois descendu de la branche d'arbre depuis laquelle il envoyait ses shurikens, pour laisser place à son kodaishi.
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« C'est une période délicate, il est nécessaire que l'on ait une clarification » : il parle des élections municipales que le seigneur Sarkozy en avait fait un enjeu nationale (pensant être porté par l'état de grâce de sa victoire sur le clan Chirac et de la sorcière Ségolène) mais qui à la vue des récents sondages revient en arrière sur ses propos. Avec cette phrase, il fait de ces élections munipales une sorte de micro referendum à l'encontre du seigneur Sarkozy.
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« Une bonne réforme sur l'université » : un petit coup de sabre contre ceux qui l'ont fait reculer durant la bataille du CPE. Puis comme son objectif n'est pas d'attaquer le président il répond ensuite : « Je ne comprend pas pourquoi on ouvre la période on ouvre la boîte de Pandor de la laïcité ».
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Puis, un dernier coup sabre pour clarifier ses intentions : « Je veux que le Président réussissent, il y a une perte de temps. Il faut se recentrer. »
A l'issue de cette interview, le ninja disparaît en laissant derrière lui les preuves qui présagent d'une longue guerre d'escarmouche.
Dans son monastère, Debré profitant de cette période trouble pour le jeune seigneur ajoute aux micros de Radio J : « Il ne faut pas déssacraliser les fonctions quelque soit leur courant politique » : N. Sarkozy a essayé de passer outre de la décision du conseil constitutionnel en allant en cassation. Mais c'est juridiquement impossible car c'est le conseil constitutionnel qui a définitivement le dernier mort.
On a là encore une preuve de la dangerosité du N. Sarkozy qui par ce forcing risquait de créer une nouvelle division institutionnelle : opposer les pouvoirs législatif et exécutif.
Le premier magistrat Vincent Lamanda a refusé de passer outre de la décision du Conseil Constitutionnel.
Je vous repose la question : et si l'opposition se trouvait... à droite ? En tout cas une chose est sûre, l'étau se resserre.

Geisha : femme qui distrayait, et exécutait les tâches ménagères pour un seigneur ou un samouraï renommé.
Kodaishi : Sabre chinois de moins bonne qualité que le katana (sabre des samouraïs) : moins résistants.
Shuriken : étoile métallique utilisée par les ninja pour blesser leurs adversaires à distance (cf. première photo)
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